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26 février 2006
Privatisation l'Alberta vend à perte
Certain médias du Québec, notamment La Presse et TQS, annonçait dernièrement que la SAAQ avait écrit à ses fournisseurs d'Europe pour tenter d'empêcher la chute des prix du vin. Il n'en fallait pas plus pour relancer le débat sur la privatisation de la SAAQ.
Echo-Actu s'est demandé ce qui c'était passé dans le cas de la privatisation du Liquor Control Boarden en Alberta.
Voici le résumé d'une étude réalisé par l'Institut de recherche et d'informations socio-économiques.
Le 2 septembre 1993, le ministre responsable de l’Alberta Liquor Control Board (ALCB) annonçait la privatisation de la vente au détail des produits de l’alcool. Le gouvernement albertain a liquidé l’ensemble de ses magasins de vente d’alcool et a confié la gestion de son entrepôt à une firme privée.
Vente d’actifs à perte
Suite à l’annonce de la privatisation de l’ALCB, le gouvernement albertain a mis en vente 154 propriétés lui appartenant. Les magasins ont été vendus à un prix largement inférieur à leur coût d’acquisition. Il est clair que le gouvernement a vendu les bâtiments sans tenter de récupérer la valeur de l’achalandage de ses magasins d’alcool. La perte pour le gouvernement albertain serait d’au moins 26,2 millions de dollars.
Manque à gagner pour le gouvernement albertain
Au moment de la privatisation, l’Alberta Liquor Control Board remettait au gouvernement albertain une somme annuelle d’environ 400 millions de dollars. L’ALCB apportait donc une importante contribution aux finances publiques. Le gouvernement albertain a perdu 968,5 millions de dollars en marge bénéficiaire brute de 1998 à 2002. Il n’a économisé en revanche qu’une somme de 519,0 millions de dollars en salaires et autres dépenses d’exploitation pour les mêmes années. Il y a donc un manque à gagner pour le gouvernement de 90 millions de dollars par année depuis les cinq dernières années.
Hausse de prix des produits de l’alcool en Alberta
Le gouvernement albertain avait formulé l’objectif que sa politique de privatisation ne causerait pas d’instabilité au niveau des prix de détail des produits de l’alcool. Cet objectif a connu un retentissant échec.
Entre les mois de janvier et de février 1994, soit en plein processus de privatisation, les prix des vins ont augmenté de 13,3% en un mois seulement, les spiritueux de 10,4% et les bières de 8,7%. De janvier 1992 à décembre 1997, les prix des boissons alcoolisées en Alberta ont augmenté plus rapidement que la moyenne canadienne.
Un système privatisé plus coûteux
Les hausses de prix sur le marché albertain ont été observées malgré les baisses de taxes successives consenties par le gouvernement albertain et une baisse marquée des salaires des employé(e)s de magasins d’alcool.Le système privé s'est révélé beaucoup plus coûteux que l’ancien système public et à occasionner une hausse des coûts. Notons la fragmentation du marché en raison du nombre croissant de magasins, l’augmentation des coûts d’entreposage et des frais de livraison plus élevés.
Un pensez-y bien
L’analyse des impacts de la privatisation de l’Alberta Liquor Control Board (ALCB) montre clairement que le gouvernement de Ralph Klein n’a pas atteint les objectifs qu’il s’était fixés. L’étude des données au cours de la période de près de dix ans qui a suivi cette privatisation montre plutôt un échec presque complet des attentes qu’avait formulées le gouvernement en 1993. Que ce soit au niveau de la sélection disponible en magasin, des prix ou des conditions de travail, les faits démontrent que le secteur privé n’a pas réussi là où le gouvernement albertain réussissait très bien.
Vendre quelque chose qui rapporte est toujours un pensez-y bien.
Source: http://www.iris-recherche.qc.ca/privatisation_alberta.htm
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