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30 janvier 2006
Déficit énergétique - Un défi pour l'Humanité?
Il est peut-être trop tôt pour parler de "crise" énergétique.
Choisissez entre "préoccupation sérieuse" et "enjeu majeur" et vous ne vous situerez pas loin de la position que de plus en plus d'analystes adoptent.
Les raisons de cette préoccupation se situent derrière un nombre de facteurs qui tirent le débat dans différentes directions:
* L'augmentation de la demande énergétique sous toutes ses formes
* Les réserves de carburants fossiles - principalement le pétrole et le gaz naturel - sont en déclin
* La science suggère maintenant que de réduire les émissions de gaz à effet de serre serait une chose prudente à faire
* Pendant ce temps, la population mondiale continue à croître, avec la majorité des 6.2 milliards d'habitants tentant d'obtenir un niveau de vie supérieur - ce qui signifie une plus grande consommation d'énergie.
Un des facteurs majeurs souvent oublié est la poursuite continue de la croissance économique, qui, historiquement est directement reliée à la consommation d'énergie. C'est un concept qui ne peut continuer à croître indéfiniment dans un univers fini; à un certain point il va frapper un obstacle comme une augmentation significative du prix de l'énergie ou un changement abrupt du climat.
La question qui nous vient immédiatement à l'esprit est si la perturbation arrivera bientôt ou si nous avons le temps de planifier des alternatives de manière confortable. Le processus de planification n'a rien de facile et ne va pas résulter automatiquement en des alternatives à faible coût. Toute source d'énergie a un désavantage; il n'y a rien de gratuit, peu importe où on puisse regarder sur le menu.
L'agence internationale de l'énergie (AIE) prédit une croissance de la demande énergétique de 50-60 % d'ici 2030. Si le scénario continue comme il est lancé, la grande majorité de cette nouvelle demande serait satisfaite avec des combustibles fossiles, qui ont généralement été la source d'énergie la moins chère et la plus pratique.
Cependant, les réserves pétrolières montrent des signes de fatigue; ceci avec l'accroissement de la demande et l'instabilité politique a fait grimper le cours du baril de pétrole à plus de $60 à la fin de 2005.
Il y a encore beaucoup de pétrole, mais la taille des réserves est incertaine, principalement à cause que les pays exportateurs de pétrole ont avantage à exagérer leurs réserves pétrolières. Certaines sources comme les sables bitumineux pourraient être exploités, mais à quel coût?
Les réserves de gaz naturel - une source d'énergie de choix pour la génération d'électricité et le chauffage des maisons - montre des signes d'essoufflement, et il y a une préoccupation croissante concernant l'instabilité politique associée avec les fournisseurs de pétrole et gaz naturel (Moyen-Orient et Russie).
Le charbon, le combustible de la révolution industrielle est présent en abondance, mais reste peu populaire dû à sa grande production de CO2 par unité d'énergie comparativement aux autres sources énergétiques.
Basé sur la disponibilité présente du charbon, l'AIE prédit une augmentation de l'émission de gaz à effet de serre d'environ 50 % d'ici 2030. La recherche climatique, de son côté, indique qu'afin d'éviter des conséquences graves du changement climatique, les émissions devraient diminuer, et non pas augmenter de 50 %.
Les aspects économiques et environnementaux tirent dans différentes directions.
Il a fallu plus de sept ans pour que les nations les plus riches commencent à appliquer le protocole de Kyoto, signé en 1997.
Un "pacte climatique" alternatif; le "Asia-Pacific Partnetship on Clean Development and Climate" aurait émergé l'année dernière, prônant le rôle de la technologie comme solution au réchauffement climatique.
L'augmentation des prix, ou simplement une réduction dans la capacité de production des combustibles fossiles pourrait insérer d'autres sources d'énergie dans l'équation, et l'énergie nucléaire est en tête de liste.
Selon l'Association Nucléaire internationale, il y aurait actuellement environ 440 réacteurs nucléaires dans le monde, fournissant près de 16 % de l'électricité. Pour les pays en voie de développement comme la Chine et l'Inde, l'énergie nucléaire demeure essentielle pour la génération d'électricité et aux programmes militaires.
Des préoccupations concernant les déchets radioactifs ont toutefois dirigé d'autres pays comme l'Allemagne sur un voie non-nucléaire.
Déchets nucléaires à part, la génération d'énergie nucléaire fait face à un autre obstacle; les réserves d'uranium sont également limitées.
Les analystes divergent sur l'épuisement des ressources en uranium; certains croient qu'une adoption plus large de l'énergie nucléaire pourrait significativement réduire les réserves en quelques décennies.
Des autres technologies nucléaires, la fusion nucléaire demeure l'espoir le plus grand de tous, mais même ses plus ardents défenseurs admettent que la technologie ne sera pas disponible avant quelques décennies.
Vent, marées et soleil
La plupart de l'énergie que nous utilisons vient directement ou indirectement du soleil. C'est le soleil qui cause les vents et fait fonctionner le cycle hydrique en transportant la pluie sur de grandes distances et créant le potentiel pour l'énergie hydro-électrique. C'est également le soleil qui a fait croître les plantes qui se sont dégradées et ont formé le charbon et le pétrole que nous extrayons du sol.
Est-il temps d'utiliser l'énergie solaire directement? De couvrir la terre avec des cellules photo-voltaiques?
Certainement, cet exploit pourrait être fait, mais avec un coût environ cinq fois plus élevé que le charbon et le gaz naturel, cela ne se produira pas demain.
L'énergie éolienne, marémotrice sont de bonnes technologies, mais leur potentiel est limité, ne serait-ce que par le fait qu'elles ne produisent pas d'électricité de manière continue.
Ce problème pourrait être résolu par le stockage d'énergie, mais il y a peu de solutions réalistes d'y arriver, et le coût additionel réduirait significativement la viabilité de ces alternatives.
Pendant ce temps, l'hydrogène est présenté comme l'ami de l'environnement
Mais l'hydrogène n'est qu'un vecteur énergétique. Il doit être créé, par exemple en utilisant de l'électricité pour électrolyser l'eau. Dans ce cas, remplacer les voitures par des véhicules à hydrogène augmenterait de manière dramatique la demande globale en électricité.
Il n'y a donc rien de gratuit sur le menu - mais un chemin tortueux où les enjeux politiques et environnementaux pourraient s'enflammer à tout moment.
Source: BBC - 26 Jan. 2006
16:56 Publié dans Énergie , Environnement , Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Commentaires
nous organisons une conference sur ce theme
renseignement :
http://www.salgues.net/?p=416
bonne lecture
bruno
Ecrit par : salgues | 16 février 2006


