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30 janvier 2006

La lune de miel entre Paul Wolfowitz et la Banque Mondiale semble terminée

Washington (AFP) - Seulement huit mois après avoir pris la tête de la Banque Mondiale, Paul Wolfowitz matérialise les angoisses que certains membres de cet organisme international avaient en rapport avec sa nomination.

"La communication avec les gestionnaires est pratiquement inexistante, ils ne comprennent pas la culture de la banque", c'est ce qu'a mentionné une des officiels de l'organisme financier international sous le couvert de l'anonymat.

"Au début, nous voulions lui donner une chance", a t-elle mentionné.

La lune de miel semble avoir été de courte durée depuis qu'il a remplacé James Wolfensohn en juin dernier. Plusieurs membres de l'organisation avaient de sérieuses réserves concernant la nomination par l'administration américaine d'un néoconservateur et principal architecte de la guerre en Irak.

Ces préoccupations furent initialement calmées par les promesses de M. Wolfowitz comme quoi il désirait continuer à combattre la pauvreté, un des objectifs principaux de la Banque Mondiale. Il aurait également mentionné qu'il désirait écouter l'expertise collective de ses membres.

L'insatisfaction a toutefois commencé à se manifester, en particulier depuis la nomination par Wolfowitz d'anciens membres de l'administration américaine à des position sénior dans sa campagne contre la corruption. Certaines nominations furent facilement acceptées comme le choix de Lars Thunel, un suédois, en tant que chef de la division finances et l'italient Vincenzo La Via comme vice-président des finances.

D'autres nominations ont causé une levée de boucliers, notamment la nomination de Suzanne Rich Folsom comme directeure du département anti-corruption. Mme Folsom, dont le mari est directeur de l'International Republican Institute a déjà servi de conseillère dans le bureau de M. Wolfowitz depuis juin.

Wolfowitz aurait également nommé un de ses assistants du Pentagone, Kevin Kellems, qui était également le porte-parole du vice-président Dick Cheney en tant que conseiller personnel et directeur de la stratégie et des affaires externes.

Robin Cleveland, un autre nouveau conseiller de Wolfowitz à la Banque Mondiale était précédemment vice-président de l'Office of Management and Budget à la Maison Blanche.

L'association des employés de la Banque Mondiale a mentionné que les nominations de Wolfowitz risquaient de discréditer l'organisation. En effet, ces nominations risquent d'exposer l'organisation à des accusations d'hypocrysie lorsqu'elle demande de la transparence des pays pauvres qui reçoivent son aide. "De manière à être fonctionnelle, la Banque doit montrer l'exemple" a mentionné une lettre de l'association à M. Wolfowitz et qui a été distribuée à tous les employés.

"Ceci envoie le mauvais message d'être directeur à la Banque Mondiale et en même temps d'être conseiller à la Maison Blanche, une pratique pour laquelle il n'existe pas de précédent et qui pose des questions à propos de l'indépendence et de l'objectivité"

Les employés de la Banque mondiale disent que les gens nommés par Wolfowitz ont une façon de voir les choses complètement en ligne avec l'administration républicaine du président George W. Bush.

"Ils ne semblent pas comprendre que ceci n'est pas Washington, mais un organisme international" a mentionné un officiel de haut rang au Fiancial Times.

"Les membres du comité éxécutif nous ont insultés. Ils ne nous font pas confiance".

Source: cnn.netscape.com - 28 jan. 2006

12:45 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

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