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07 février 2006

Les liens militaires entre les États-Unis et le Vietnam se réchauffent

La montée en puissance de la Chine et le renforcement des liens commerciaux ont rapproché deux anciens ennemis.

Alors que les États-Unis cherchent des alliés dans les eaux turbulentes de l'Asie, peu de pays semblent mieux placés que le Vietnam.

Les liens diplomatiques entre les deux pays ont seulement été rétablis en 1995. Les relations sont encore troublées par les vestiges de la "guerre américaine". Des équipes américaines continuent de chercher les restes de soldats disparus alors que le Vietnam tente de se débarrasser de 350 000 tonnes de bombes non-explosées larguées par l'armée américaine

Mais puisque les échanges commerciaux augmentent significativement entre les anciens opposants - les États-Unis sont le premier marché d'exportation du Vietnam - les liens militaires se réchauffent aussi. Le Vietnam aurait accepté d'envoyer des officiers de son armée dans un programme d'entraînement aux États-Unis et aurait hébergé des navires de combat américains dans ses ports. L'an dernier, après que le Premier ministre Phan Van Khai ait visité Washington, les deux partenaires se seraient entendus sur le partage de renseignements sur le terrorisme, le trafic de drogue et autres menaces transnationales.

Le Vietnam est également en train de considérer se joindre aux opérations de maintien de la paix des Nations Unies en tant que prélude à l'obtention d'un siège non-permanent au Conseil de Sécurité. Hanoi aurait envoyé une délégation militaro-civile à Haïti afin d'observer les opérations des casques bleus là-bas. Le Vietnam aurait accepté de s'engager à d'autres opérations de maintien de la paix "lorsque les circonstances le permettront".


En même temps, le Vietnam scrute la Chine de loin - son gros voisin et ennemi historique. Les deux côtés seraient entrés dans une guerre frontalière en 1979 et n'auraient réparé les relations que dans les années '90 après que le Vietnam ait perdu ses soutiens soviétiques. Le besoin de calmer Beijing, en plus d'avoir à faire partie de stratégies américaines visant à garder l'expansion militaire de la Chine sous contrôle risque de limiter la portée des accords de sécurité pour l'instant disent la plupart des analystes et diplomates occidentaux.

"Pour que le Vietnam s'implique plus sur les questions de sécurité, ils devront avancer sur deux fronts. Ils ne veulent pas être prisonniers d'une politique d'endiguement des États-Unis envers la Chine. Ils veulent que les États-Unis restent présents en Asie, mais ils ne veulent pas qu'ils soient trop près a déclaré un analyste senior de l'Australian Defense Force Academy.

La stratégie vietnamienne est émulée par d'autres pays asiatiques qui veulent profiter des avantages de l'expansion économique chinoise sans perdre de vue le malaise que ceci cause chez les Américains qui sont très suspicieux de l'accroissement de la taille de l'armée chinoise.

Le Pentagone voit la Chine comme un rival potentiel

Vendredi dernier, le Pentagone aurait publié un rapport stratégique indiquant que la Chine était un des intérêts majeurs des planificateurs de l'armée américaine. "De toutes les puissances émergentes, la Chine est celle qui a le plus de chance de pouvoir compétitionner militairement avec les États-Unis" aurait précisé le Quadriennal Defense Review.

La diplomatie militaire est devenue une des marques de commerce de l'administration Bush en Asie. L'année dernière, le Président Bush aurait empêché le Congrès de restaurer tous les liens militaires avec l'Indonésie et aurait courtisé l'Inde avec une technologie nucléaire civile en plus d'un programme d'entraînement conjoint.

Les officiels américains affirment que le fait de forger des liens avec les voisins de la Chine, incluant le Vietnam n'était pas une politique d'endiguement de l'ère de la Guerre Froide. En effet, certains analystes semblent sceptiques qu'une telle politique puisse être efficace. "Nos activités en Asie du sud-est visent à améliorer nos relations avec chaque pays, et non pas à compétitionner avec la Chine" a déclaré un officiel de l'armée américaine de la région.

Hoang Anh Tuan, le Directeur général à l'Institute for International Relations, un comité d'experts gouvernemental déclare que le Vietnam porte attention aux relations avec la Chine et les États-Unis et est consciente des risques posés par une rivalité de superpuissances en Asie. "Ce que nous désirons voir, et ce que la région veut voir sont des relations gérables entre la Chine et les États-Unis. Nous ne désirons pas voir de confrontation" a t-il déclaré.

Les liens commerciaux plus importants que les liens militaires


Malgré des réductions importantes, l'armée du Vietnam demeure la plus imposante de l'Asie du Sud-est (484 000 en 2003). Cependant, son armement âgé et les limites sur les dépenses militaires ont émoussé sa force de frappe. "C'est une armée imposante mais mal équipée, et les grosses forces militaires ne comptent plus beaucoup de nos jours; elles sont simplement des cibles plus grosses" a déclaré Ian Storey, professeur assistant au centre Asia-Pacific Center for Security Studies à Honolulu.

Les officiels américains tentant de bâtir des ponts avec le Vietnam disent qu'ils reconnaissent que les relations militaires perdront probablement de l'importance comparativement au commerce. Même le concept de bases "flexibles" si en vogue chez les planificateurs du Pentagone - l'accès aux bases navales et aériennes de pays étrangers - apparaît un peu trop gros pour le Vietnam. Des discussions concernant le retour de la US Navy à la Cam Ranh Bay, une base navale qui, jusqu'en 2002 était louée à la Russie sont toujours en suspens.

"Nous devons comprendre l'histoire et la culture du Vietnam" a déclaré un officiel de l'armée américaine. "Ils approchent chaque dossier avec une planification et une prudence délibérée."

Source: CSmonitor.com - 7 Fév. 2006

-= Note =-
La politique d'endiguement des États-Unis était très similaire à une technique souvent utilisé lors du siège de châteaux lors du Moyen-Âge. Elle consistait à assiéger de manière passive un château et couper toutes ses lignes d'approvisionnement. Ainsi, ne pouvant pas prendre d’expansion ou se ravitailler, les défenseurs finissaient souvent par se rendre ou par tenter de briser le siège dans un geste désespéré.

La technique fonctionnait bien avec le Communisme puisque les Soviétiques utilisaient des forces militaires afin de "convertir" un autre territoire. Dans les temps modernes, cette stratégie est reflétée par les embargos commerciaux. Ceux-ci peuvent être partiels ou pratiquement totaux (l'embargo contre l'Afrique du sud lors de l'Apartheid semblait plutôt sévère. Les embargos commerciaux contre Cuba et la Corée du Nord en sont d'autres exemples).

Cependant, une technique d'endiguement n'aurait aucune chance de fonctionner dans le cas de la Chine. En effet, celle-ci est devenue l'atelier du monde entier. Il n'y a aucun moyen que les pays occidentaux cessent de faire du commerce avec la Chine. De plus, la Chine n'a pas besoin (pour l'instant) d'armées puisqu'elle peut simplement acheter les pays ou les entreprises avec les montagnes de capitaux qui entrent dans le pays à chaque jour. Une guerre avec la Chine risque plus de débuter avec une confrontation commerciale. Une telle confrontation commerciale entre les États-Unis et la Chine risque d'être de courte durée étant donné les quantités d'argent que la Chine recycle aux États-Unis à chaque jour (La Chine en fait finance une grande partie de la dette américaine).

Merci aux contributeurs d'Echo-Actu

12:10 Publié dans Militaire , Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique

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