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08 février 2006
Peu de preuves disponibles contre Saddam Hussein
Les experts affirment que les arguments sont peu convaincants
Après quatre mois et 26 témoins, les plaignants dans le procès de Saddam Hussein ont offert peu de témoignages crédibles liant directement l'ancien dictateur aux meurtres et tortures dont on l'accuse.
Mais d'autres experts légaux familiers avec le cas croient que le meilleur est encore à venir - des documents liant Saddam aux mesures draconiennes qui auraient suivi une tentative d'assassinat contre sa personne il y a plus de 20 ans à Dujail, une ville à majorité chiite au nord de Bagdad.
Sans preuves solides, même un verdict de culpabilité ne donnerait pas satisfaction aux victimes des atrocités de Saddam. Les experts préviennent que les documents - qui incluent des notes manuscrites, des ordres d'interrogation et de mise à mort - pourraient être insuffisants pour justifier un verdict de culpabilité.
Ce qui serait requis, selon eux, est l'établissement des liens d'autorité qui montreraient que Saddam était au courant des 140 chiites tués et torturés après la tentative d'assassinat sur sa personne en 1982.
Les preuves présentées à date - principalement des témoignages de gens arrêtés et torturés - a démontré une oppression brutale, mais n'a pas démontré que Saddam ait joué un rôle direct. Si Saddam et les sept co-défendants étaient reconnus coupables des meurtres de Dujail pourraient être pendus.
"Les témoignages à date sont émouvants, mais ne sont pas suffisants, et c'est préoccupant" a déclaré Nehal Bhuta, un avocat avec Human Rights Watch.
"Ce qui est requis sont des preuves associant chacun des huit accusés à ce qui s'est passé ou des preuves que Saddam était au courant"
Mais l'avocat des plaignants affirme qu'il a des preuves afin de gagner le procès non seulement auprès des gens qui désirent voir Saddam puni, mais également auprès des institutions légales internationales qui ont démontré un scepticisme envers le procès irakien dès le départ.
L'avocat Jaafar al-Mousawi a déclaré à l'Associated Press que le dossier de 800 pages inclut des documents montrant que Saddam aurait ordonné des interrogations, exécutions et dans certains cas la clémence.
"Nous avons de nombreux documents de ce type, et nous planifions de les présenter plus tard" a t-il déclaré.
Les avocats de la défense, tout comme certaines organisations légales suivant le procès affirment qu'environ le tiers des documents sont illisibles après autant d'années.
Les témoignages à date auraient lié le demi-frère de Saddam Barzan Ibrahim à la torture de certains résidents de Dujail dans le quartier général du service des renseignements dont il était le directeur à l'époque. Certains des témoins auraient déclaré que Ibrahim les aurait torturés personnellement.
"Barzan est pratiquement l'accusé vedette dans ce dossier" a déclaré al-Mousawi.
L'ancien adjoint de Saddam, Taha Yassin Ramadan, aurait également été accusé par des témoins de la destruction des champs fruitiers de Dujail juste après la tentative d'assassinat de Saddam.
Marieka Wierda, un expert légal avec le International Center for Transitional Justice de New York a déclaré que la défense de Saddam pourrait se replier sur le fait que ses forces de sécurité auraient agi par eux-mêmes lorsqu'elles auraient détenu et torturé des centaines de résidents.
"Mais la couronne pourrait contre-attaquer en montrant que la torture était une pratique courante à l'époque et que Saddam ne pouvait pas ne pas être informé" a ajouté Wierda.
Le meilleur scénario dans le procès serait probablement qu'un des membres senior de l'administration de Saddam témoigne contre l'ancien dictateur et les autres accusés en échange d'une immunité légale.
Saadoun Shaker, qui était ministre de l'intérieur à l'époque pourrait être candidat pour cette stratégie.
En théorie, les responsabilités de Shaker lui auraient montré les entrailles des questions de sécurité intérieure et une certaine autorité sur la force policière. Cependant, les témoignages indiquent que la police n'aurait pas été impliquée.
Source: kurdmedia.com - 6 Fév. 2006
Source de l'image: jimmyakin.org
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Commentaires
Il me semble que nous vivons dans l’anarchie. Voilà un pays qui s’arroge le droit d’intervenir dans les affaires intérieures des autres. Si ce pays avait une autorité morale suffisante, cela aurait été, aux yeux de certains, inacceptable mais tolérable. Or, manifestement, les Etats-Unis ne peuvent se targuer de quelque autorité que ce soit pour se comporter de la sorte. Non. A Guantanamo, ce pays traite les gens dans une situation qui ne relève d’aucun droit. L’actualité récente le confirme avec force. Des avions transportent clandestinement des prisonniers à travers de nombreux points du monde pour leur faire subir la torture. Et ce qui est beaucoup plus grave, ces «curieux charters» ont transité par des pays de l’Union européenne. Les rapports de parlementaires le disent: des prisons secrètes fonctionnent sur le territoire de l’UE, en Pologne et en Roumanie pour les citer. On y torture pour le compte des Américains. C’est le temps de la torture mondialisée sous le commandement US.
Ecrit par : europe | 04 juin 2006


