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13 février 2006

L'économie explose sur le dos des Working poor

Les pays émergents font leurs emplettes

"Les poches pleines d'argent frais tiré des cours en hausse des matières premières et de fortes performances boursières, des sociétés basées à Dubaï, en Inde, au Mexique, en Chine et en Russie font feu de tout bois, en Europe et aux Etats-Unis, signe d'une tendance capable de renverser les pôles de l'économie mondiale." Au rythme où les entreprises en provenance des pays émergents effectuent des acquisitions en Europe, mais aussi ailleurs en Occident, l'ordre économique mondial pourrait basculer, estime le quotidien financier The Wall Street Journal dans une analyse qui fait sa une.

Ce lundi 13 février ne se passera pas sans illustrer à nouveau cette tendance, selon le quotidien américain. "Les actionnaires de l'opérateur portuaire britannique Peninsular & Oriental Steam Navigation Co. doivent se prononcer aujourd'hui sur le rachat de l'entreprise, pour 6,8 milliards de dollars [5,7 milliards d'euros], par Dubaï Ports World, une firme venue de l'émirat riche en hydrocarbures. L'opération devrait être approuvée, alors qu'un concurrent de Dubaï Ports World basé à Singapour voulait lui aussi mettre la main sur l'une des plus vieilles entreprises britanniques. Une fois cet accord conclu, les trois plus grands opérateurs portuaires mondiaux seront basés en dehors de l'Europe et des Etats-Unis", rapporte le WSJ.

Les firmes européennes seraient des cibles de choix pour ces acteurs montants de l'économie planétaire. "L'année dernière, des entreprises venues du Proche-Orient, d'Amérique latine, d'Asie et d'ailleurs ont dépensé plus de 42 milliards de dollars [35 milliards d'euros] pour reprendre des entreprises du vieux Continent. Ces chiffres ne représentent certes qu'une fraction des sommes mises en jeu lors des fusions entre Européens ou des acquisitions d'entreprises européennes par des sociétés américaines. Il n'empêche, les pays émergents ont doublé en un an les chiffres de leurs investissements sur le continent. En 2004, ils n'avaient dépensé que 17,4 milliards de dollars [14,6 milliards d'euros] pour le rachat d'entreprises européennes."

Cependant, les Etats-Unis ne sont pas épargnés, précise le quotidien. Les investisseurs venus des pays émergents ont également fait preuve d'un appétit vorace en 2005 sur le marché américain, avec 96 accords de rachat conclus.

The Wall Street Journal voit deux raisons pour expliquer cette tendance. La première est l'afflux de liquidités dans les poches des entreprises des pays émergents grâce au fort prix du pétrole et des matières premières en général. "Mais même les groupes qui n'ont pas bénéficié de ces cours avantageux ont profité de la performance de leurs marchés boursiers nationaux, poussés par des investisseurs occidentaux alléchés par le fort rendement de ces places boursières. L'indice boursier indien s'est ainsi apprécié de 50 % au cours des douze derniers mois", écrit The Wall Street Journal. La libéralisation des marchés de part et d'autre a également une grande importance pour expliquer cette tendance, puisqu'elle a ouvert la porte à des reprises d'entreprises basées en Occident par des sociétés étrangères.

medium_floridatoday011205.gifUn excès d'optimisme peut cependant se révéler dangereux à terme pour ces économies et faire capoter certaines de ces transactions, selon The Wall Street Journal, qui craint la répétition de l'exemple japonais. "Toutes ces acquisitions rappellent un peu l'irruption des Japonais sur le marché américain au cours des années 1980. Aveuglés par le succès de leurs exportations d'électroménager, d'électronique et de machinerie, des acheteurs nippons ont mis la main sur des propriétés de prestige telles que le golf de Pebble Beach, en Californie, ou le Rockefeller Center, à New York. Plusieurs de ces transactions ont cependant mal tourné. Les prix payés se sont révélés trop lourds à supporter lorsque l'économie japonaise s'est effondrée" dans les années 1990.

Note:

S'il faut se réjouir que la mondialisation semble enfin "redistribuer les richesses", on peut se demander si les politiciens prenent les précautions pour ne pas affaiblir l'économie mondiale en diluant trop rapidement le capital.
Dans ces pays émergents, aucune classe moyenne n'émerge, mais ont peu voir apparaître la classe des "Working poor".
Créé par les Wall-Mart de ce monde, il s'agit de gens qui malgré le fait qu'ils occupent des emplois ouvrier permanents et temps plein n'arrivent pas à joindre les deux bouts. Une situation critique qui semble se répendre en occident avec le pouvoir d'achat qui diminue d'année en année et le taux d'endettement moyen des occidentaux qui explose.

22:15 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Information et relations internationales

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