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14 février 2006
Retour en arrière: Est-ce que l'OPEP a encore un rôle?
Alors que les ministres de l'OPEP se rencontraient à Vienne lundi afin de discuter des cibles de production et de prix pour le pétrole, les analystes et courtiers pétroliers étaient plutôt concentrés sur la Floride.
La tempête tropicale Rita avait le potentiel de se transformer en ouragan et d'affecter encore plus les installations de production et de raffinage du pétrole le long de la côte du Golfe.
"Alors qu'une autre tempête menace la moitié du golfe qui a évité Katrina, les courtiers en énergie avaient les nerfs au vif ce matin" a déclaré l'analyste pétrolier Peter Beutel à propos de l'augmentation significative du prix du pétrole de lundi.
Mais même si Rita évite les installations, les courtiers et économistes disent que l'anciennement tout-puissant carte n'avait plus d'impacté réel sur les marchés pétroliers.
"L'OPEP a perdu sa puissance au moment où elle a vendu son dernier baril de capacité excédentaire, et c'était probablement l'an dernier" a déclaré l'économiste énergétique A.F. Alhajji, un professeur à l'Université de l'Ohio.
"Ils ont à ce point cessé d'être un cartel efficace aux prix actuels" acquiescel Beutel. "La seule raison pour laquelle l'OPEP continue de tenir ces rencontres est qu'elles leur donnent une excuse pour quitter leurs pays, aller à Vienne et de magasiner".
Avec la grande majorité des membres de l'OPEP produisant déjà à pleine capacité, la capacité du cartel de faire augmenter les prix en gardant la production artificiellement basse est perdue déclarent les économistes. Les officiels de l'OPEP déclarent qu'il désirent des prix plus bas et non pas plus élevés, et c'est pourquoi il n'est pas question de couper la production. Même si l'OPEP ne désirait pas couper sa production, il est peu probable que ses membres laissent passer la chance de vendre la plus grande quantité de pétrole aux prix actuels.
Alors que la plupart des ministres de l'OPEP croient que les niveaux de production pourront être augmentés, il y a de plus en plus de doutes concernant la capacité du cartel de faire grimper la production.
"La grande question est si l'OPEP a de la capacité excédentaire qu'elle pourrait harnacher dans le long-terme" a déclaré Jason Schenker, un économiste viennois participant aux rencontres de l'OPEP. "Il semble qu'ils ne pourront pas augmenter leur quotas, et ceci ne rassurera pas les marchés à propos de leur capacité".
Bill Adams, chef stratégiste au niveau énergétique et capital pour LaSalle Futures déclare que les pays de l'OPEP sont limités par la quantité de pétrole excédentaire qu'ils pourraient produire. En effet, une augmentation de la production pourrait hypothéquer la qualité et la quantité de pétrole qu'ils pourraient extraire des champs pétrolifères à long terme s'ils en extraient trop et trop rapidement.
"La surproduction peut conduire à un affaissement de la production" a t-il déclaré. Ceci rend les promesses d'augmentations futures de la production un peu creuses.
"Je crois que s'ils avaient la capacité de répondre à la demande qui existe maintenant, ils l'auraient déjà fait" a t-il ajouté. "Cela ne prend pas un génie pour réaliser que la Chine va augmenter sa consommation de pétrole. Si les membres de l'OPEP n'en ont pas profité, vous pouvez assumer qu'ils ne le peuvent pas".
Alors que l'augmentation récente des prix pétroliers apparaît comme une bonne nouvelle pour l'OPEP, les économistes croient qu'ils posent un risque pour de nombreux pays de l'OPEP. Si les pays consommateurs entrent dans une récession déclenchée par le prix élevé du pétrole, ceci pourrait causer une baisse significative de la demande, et pourrait même conduire à la régulation gouvernementale de la consommation énergétique".
"À long terme, ça va être désastreux pour les membres de l'OPEP" déclare Alhajji. "La demande diminuerait, les économies s'effondreraient et tout le monde souffrirait comme dans les années '80".
Alors l'OPEP pourrait faire face à des problèmes contradictoires; ne pas être capable de répondre à la demande aujourd'hui et avoir des prix plus bas dans le futur, même si la production reste constante.
Les prix actuels sont assez élevés pour déclencher un mécanisme de régulation du prix de l'énergie, ainsi que des investissements significatifs dans les énergies alternatives. Ceci aurait le potentiel de faire mal aux pays de l'OPEP de manière plus significative que les prix actuels ne peuvent aider.
"Les prix sont déterminés par les marges. Nous n'avons pas beaucoup d'énergies alternatives afin de faire baisser les prix"
Alors que certains économistes et courtiers croient que $40 le baril est le nouveau prix plancher pour le pétrole, Gheit croit que les prix ont toujours le potentiel de baisses sous ce niveau, et que ceci causerait des problèmes dans certain pays pétroliers
"Ces gouvernements sont totalement répressifs et haïs par la population. Le seul moyen qu'ils ont est d'acheter la stabilité; donner de l'argent à ses amis et ennemis".
Source: money.cnn.com - 19 Sept. 2005
-= Note =-
Derrière la réalité économique se situe une réalité géologique, plus réelle celle-ci. En géologie, on apprend que la production d'un puits augmente jusqu'à ce que la moitié de la ressource ait été extraite. Lorsque ce point est atteint, la production commence à décliner de manière inexorable.
La réalité est que selon de nombreux géologues, la produciton mondiale de pétrole conventionnel aurait atteint un plateau en 2005, et maintenant toute augmentation de la production doit venir de sources non-conventionnelles (plateformes en eau profonde, production dans l'arctique, sables bitumineux, Shales huileux des États-Unis, etc, mais tout ceci coûte beaucoup plus cher que la production de pétrole conventionnel.
Le meilleur exemple du défi auquel nous faisons face est l'Indonésie.
Longtemps présentée comme un succès du capitalisme sauvage, son économie a crû de manière très significative, incluant le secteur pétrolier. Cependant, cette dernière a frappé son pic de production du pétrole et est en déclin depuis l'an 2000. Pire encore, l'Indonésie, faisant partie de l'Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole est maintenant une importatrice de pétrole!
L'ère du pétrole à bas prix est révolue.
Ceci n'a pas été déclaré par le personnel de Echo-Actu, mais plutôt par la compagnie Chevron. Ces derniers ont même mis au point un site web afin de sensibiliser les gens aux problèmes énergétiques. Nous invitons les visiteurs à y jeter un oeil (site en anglais)
http://www.willyoujoinus.com/
22:16 Publié dans Énergie , Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : actualité


