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14 février 2006
Une brève histoire de l'âge nucléaire - Première partie
Les armes atomiques étaient déjà assez dangereuses dans les mains des gouvernements. Maintenant, avec la menace du terrorisme nucléaire, ce danger est encore plus important. Joseph Cirincione, Associé senior et directeur de la Non-Prolifération au Carnegie Endowment for International Peace, prend une perspective historique sur l'âge nucléaire et examine les progrès qui ont été faits dans le contrôle et la réduction de ces armes.
L'histoire des bombes atomiques aurait commencé avec les Nazis. En 1939, Albert Einstein avait peur qu'Hitler utilise des découvertes récentes dans le domaine de la fission nucléaire dans le but de produire une super arme. Ses collègues physiciens et émigrés du fascisme, Leo Szilard et Enrico Fermi, l'auraient aidé à rédiger sa célèbre lettre au président Franklin Rooselvelt (FDR).
Les scientifiques les plus réputés au monde avertirent FDR qu'il pourrait être "possible de créer une réaction nucléaire en chaîne dans une masse d'uranium, ce qui génèrerait une quantité significative d'énergie".
Ce "nouveau phénomène" aurait-il écrit, pourrait conduire à "des bombes extrêmement puissantes d'un nouveau type". Il aurait fortement conseillé à FDR de rivaliser avec ce qu'il croyait être l'effort de guerre allemand. Pas dans le but d'utiliser la bombe, mais de dissuader Hitler de l'utiliser.
Einstein aurait reconnu plus tard que cette lettre avait été la plus grande erreur de sa vie. Il n'y avait pas de programme nucléaire allemand ou japonais. Mais au printemps de 1945, le programme que Roosevelt avait démarré était pratiquement prêt à tester la première bombe atomique.
Préoccupations scientifiques
Les efforts de non-prolifération auraient débuté avec les scientifiques. En juin 1945, un mois avant le premier essai nucléaire, certains des scientifiques du Projet Manhattan auraient formé un comité dirigé par un lauréat du prix Nobel, James Franck. Le groupe aurait compris, entre autres, Szilard et Eugene Rabinovich, le rédacteur du rapport du comité.
Le rapport Franck aurait prévenu que les États-Unis ne pourraient pas profiter d'un monopole nucléaire indéfiniment. Ils auraient pressenti qu'un arsenal supérieur numériquement n'offrirait qu'un faux sentiment de sécurité.
Déjà vu?
Dans des termes qui sont aussi valides maintenant qu'ils ne l'étaient il y a 60 ans, ils auraient écrit: "l'avantage quantitatif ne nous protègerait pas d'une attaque surprise". À moins que les États-Unis ne mettent en place un accord international, il y aurait "une course aux armements sans limites". Un tel accord international, auraient t-il déclaré, pourrait vérifier les stocks d'uranium et vérifier la conversion d'uranium naturel en matériel militaire.
Ils auraient frappé une vérité fondamentale. La prévention de la prolifération requérait une solution politique. La technologie nucléaire ne pourrait pas être contenue d'une autre manière.
Leurs efforts furent poursuivis peu de temps après la guerre. "L'espoir de la civilisation" aurait déclaré le président Harry S. Truman dans son adresse au Congrès en octobre 1945 "demeure dans les mains des accords internationaux s'assurant, si possible, du renoncement à l'utilisation et au développement d'armes atomiques".
En novembre 1945, alors que l'arsenal complet des États-Unis consistait en deux bombes atomiques, Truman serait joint aux dirigeants de la Grande-Bretagne et du Canada afin de proposer aux Nations Unies (nouvellement formée) que toutes les armes atomiques soient éliminées et que la technologie nucléaire à usage civil soit partagée sous un contrôle international sévère.
De nombreux groupes de recherche indépendants aidèrent au développement de la proposition. Le Carnegie Endowment for International Peace aurait joué un rôle crucial, formant un comité sur l'énergie atomique en novembre 1945. Après une conférence de deux jours débattant de nombreuses propositions, un groupe d'experts, présidé par James T. Shotwell, aurait formulé ses recommandations concernant le contrôle international des matériaux fissibles et des bombes atomiques.
En juin 1946, Bernard Baruch aurait présenté le plan américain aux Nations Unies. "Nous sommes ici" aurait t-il déclaré, "afin de faire des choix. Si nous échouons, nous aurons condamné toute l'humanité à vivre dans la peur".
Contrôle et restrictions
Baruch aurait demandé la formation d'une nouvelle autorité internationale de développement atomique qui posséderait et contrôlerait les éléments "dangereux" du cycle du combustible nucléaire, incluant les opérations minières, de transformation, de conversion et d'enrichissement de l'uranium. Une fois convaincus qu'aucun autre pays ne serait capable de construire une bombe, les États-Unis élimineraient leurs armes atomiques.
La commission de l'énergie atomique de l'ONU aurait approuvé le plan en décembre 1946, mais les tensions de la guerre froide l'arrêtèrent en quelques mois. Staline voyait que la bombe atomique était plus qu'une arme. Il la voyait comme un symbole de puissance industrielle, de prouesse scientifique et de prestige national. Staline aurait dit à ses scientifiques: "Hiroshima a fait trembler le monde entier. L'équilibre a été brisé. Concevez une bombe atomique - elle nous protégera".
En conséquence, les deux nations décidèrent d'assurer leur sécurité avec des arsenaux atomiques et non pas avec des traités atomiques. Et ce fut le début de la course aux armements.
Faire augmenter les enchères
En 1948, après le coup en Tchécoslovaque et la crise de Berlin, Truman aurait ordonné la première augmentation de la production d'armes atomiques. À la fin de 1949, l'arsenal américain comptait plus de 200 bombes.
1949 fut l'embranchement dans la mauvaise direction qui aurait institutionnalisé la course aux armements nucléaires. Lorsque les Soviétiques testèrent leur première bombe atomique cette année, Truman fit grimper les enchères en accélérant un programme visant à développer une "super bombe atomique" ou bombe à fusion.
Armes de guerre ou peur des armes?
David Lilienthal aurait écrit dans son journal: "Encore plus de bombes, plus puissantes. Où cela nous mènera t-il? Nous répétons que nous n'avons pas le choix. Ce que nous devrions dire est 'nous ne sommes pas assez brillants pour voir une alternative`".
Le conseil consultatif présidentiel sur les affaires atomiques se serait opposé au concept de super bombes, incluant J. Robert Oppenheimer, l'ancien directeur scientifique du Projet Manhattan. Le conseil croyait fermement que c'était une arme de génocide.
Les membres du conseil auraient écrit de manière unanime au président Truman: "L'utilisation de cette arme détruirait un nombre incalculable de vies humaines. Ce n'est pas une arme qui puisse ...
Partie deux

Source: Theglobalist.com - 13 déc. 2005
Source de l'image: silverdragon53.tripod.com
20:25 Publié dans Dossier , Militaire , Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Information et relations internationales


