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14 février 2006
Une loi américaine garderait les serveurs internets hors de la Chine
Les défenseurs de la liberté d'expression auraient fortement critiqué Google et autres compagnies de services Internet pour avoir répondu aux demandes de la Chine de censurer ou de modifier de l'information que le gouvernement chinois n'aime pas voir.
Mais maintenant le Congrès américain entre dans le jeu avec une nouvelle loi qui pourrait handicaper certaines compagnies se jetant à pieds joints dans un des plus grands marchés de la planète. Ceci est la prise deux pour le Congrès. L'année dernière, ils avaient examiné et amputé d'autres ententes commerciales entre des compagnies pétrolières, des manufacturiers d'ordinateurs et le gouvernement chinois.
Le représentant Chris Smith serait en train de préparer une loi qui forcerait les compagnies Internet, dont Google, Yahoo et Microsoft à garder leurs serveurs Internet en dehors de la Chine ou de tout autre pays que le Département d'état considère comme étant en violation des droits de la personne.
La loi de M. Smith - encore à l'état de brouillon - a reçu le support d'autres représentants qui auraient exprimé leurs préoccupations concernant les relations intimes entre certaines entreprises américaines et le gouvernement chinois.
Smith a organisé une séance parlementaire ce mercredi, à laquelle Google, Microsoft, Yahoo et Cisco Systems devraient participer. Il semble peu impressionné par leurs arguments voulant que de faire des affaires avec la Chine soit mieux pour les droits de la personne que d'abandonner la nation de 1.3 milliards d'âmes.
M. Smith affirme que la Chine aurait régressé au point de vue des droits de la personne, malgré l'augmentation du nombre de compagnies américaines faisant affaire avec elle. Google aurait inauguré Google.cn, une version de son outil de recherche qui empêche les résidents chinois de voir, par exemple, des images de tanks affrontant les protestataires de la place Tienanmen en 1989. Microsoft aurait également admis avoir fermé le mois dernier un blog opéré par un journaliste chinois critiquant le gouvernement.
L'automne dernier, Yahoo aurait admis avoir donné des informations à des officiels chinois ayant conduit à l'arrestation et à la condamnation à 10 ans de prison pour un journaliste accusé d'avoir divulgué des secrets d'état.
Les compagnies affirment être mécontentes des restrictions, mais affirment respecter les lois locales.
Smith aurait également demandé à Cisco d'être présent parce qu'il aimerait savoir comment sa technologie pourrait être utilisée hors des États-Unis afin d'aider les gouvernements répressifs à dénicher les dissidents.
Cisco affirme ne pas coopérer avec les gouvernements sur cet aspect, mais note que le matériel "pourrait être utilisé à de maintes fins".
La loi de M. Smith établirait également un code de conduite pour les compagnies Internet opérant dans des pays dirigés par des gouvernements répressifs. Elle permettrait de limiter l'exportation de technologies comme des outils de filtrage de contenu Internet qui pourrait limiter la liberté d'expression. Elle créerait finalement un bureau au Département d'État afin d'enquêter sur les persécutions d'utilisateurs d'Internet dans les pays étrangers.
"Le problème n'est pas limité à Yahoo" déclare Michael Callahan, un avocat pour Yahoo. "C'est toutes les compagnies Internet opérant en Chine".
Les compagnies Internet, comme pratiquement toutes les entreprises, se bousculent au portillon de l'économie chinoise. Son produit intérieur brut devrait augmenter de 8.2 % cette année comparativement à 3.3 % pour les États-Unis selon le Fonds Monétaire International.
L'inauguration de Google China aurait attiré plus d'attention que les actions de ses rivaux puisque Google est une cible invitante. En effet, les fondateurs de Google auraient formulé la promesse "don't be evil" (ne soyez pas méchants) lorsque la compagnie devint publique. Ceci la rendit encore plus invitante à la critique. Peu de temps après le lancement de Google China, des opposants à l'occupation chinoise du Tibet auraient agité des bannières affichant "Google, don't be evil" à l'extérieur du quartier général de la compagnie.
L'inauguration de Google China vint également quelques jours après que Google ait refusé la requête du département de la Justice américain concernant des millions de recherches effectuées sur internet.
Yahoo, Microsoft et American Online, quant à eux, auraient coopéré avec l'ordre gouvernemental.
Google affirme que son site chinois résout de nombreux problèmes que les utilisateurs chinois avaient avec Google.com, qui n'est pas disponible environ 10 % du temps en Chine. Lorsque ce dernier fonctionnerait, il serait souvent lent. Le service Google news serait rarement disponible, et Google images serait indisponible environ la moitié du temps.
Google croit que ces problèmes sont dus au fait que ses serveurs sont maintenant hébergés à l'extérieur de la Chine, augmentant les temps de réponse puisque les requêtes sont effectuées auprès des serveurs américains à des milliers de kilomètres de là. Si Google acceptait les limites du gouvernement chinois sur le contenu, elle pourrait obtenir une licence lui permettant d'opérer de l'intérieur de la Chine et d'installer des serveurs là-bas.
Mais ce fut un compromis. "Nous ne sommes pas contents des restrictions gouvernementales concernant l'accès à l'information, et nous espérons qu'avec le temps, le monde entier bénéficiera d'un accès complet" aurait déclaré un avocat de Google.
Dans tous les cas, le contenu non-censuré de google.com resterait disponible aux résidents chinois.
Source: usatoday - 13 Fév. 2006
-= Note =-
Cet article démontre l'effort que la Chine applique à contrôler les médias. Effectivement, Internet est probablement l'outil d'information le plus démocratique de tous les temps - un accès pratiquement sans limites, à très faible coût, accessible de partout.
Ce phénomène a même commencé à faire trembler les médias de masse. Effectivement, les grands médias, particulièrement aux États-Unis ont subi le contre-coup d'une crise de confiance des consommateurs (ou citoyens, dépendemment du point de vue).
Les causes de ce contre-coup ne sont pas claires, mais de nombreuses personnes ont commencé à regarder les médias alternatifs. Il est possible que la complaisance des médias américains avec l'administration, particulièrement dans le cas des armes de destruction massive, ait causé ce sentiment d'aliénation. Maintenant, plus que jamais, les gens se tournent vers des médias alternatifs crédibles, sérieux et qui présentent des analyses sensées afin de comprendre le monde autour d'eux. Ce qui semble réellement précieux au yeux des gens cherchant des médias alternatifs est une analyse, une mise en perspective des informations plutôt que la présentation de fait bruts en toute apparence déconnectés.
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