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15 février 2006

Une brève histoire de l'âge nucléaire - Deuxième partie

être utilisée exclusivement dans la destruction d'installations physiques à usage militaire ou paramilitaire. Son utilisation pousse encore plus loin que ne l'a fait la bombe atomique, la politique d'extermination des populations civiles". Le comité croyait que même si les Soviétiques développaient la bombe à hydrogène, les États-Unis pourraient les dissuader de l'utiliser avec des armes à fission.

Avertissements scientifiques

La vision des scientifiques n'eut pas raison. Les États-Unis testèrent leur première bombe à hydrogène en novembre 1952, avec une charge de 10.4 mégatonnes - pratiquement mille fois plus puissante que la bombe à fission qui aurait détruit Hiroshima. Comme c'était à prévoir, les Soviétiques testèrent leur première bombe à fusion un an après en août 1953.

Albert Einstein aurait écrit dans le Bulletin of Atomic Scientists "L'idée d'obtenir la sécurité via l'armement national est, dans l'état actuel des connaissances militaires, une illusion désastreuse. La course aux armements entre les États-Unis et l'URSS, initialement supposément de manière préventive, assume un comportement hystérique".

États-Unis de la peur

Durant les années '50, la course aux armements aurait rendu les États-Unis plus vulnérables, et non pas moins. L'armement nucléaire des États-Unis aurait grandi de moins de 400 bombes en 1950 à plus de 20 000 en 1960, incluant 10 000 nouvelles bombes nucléaires "tactiques" pour usage sur le champ de bataille. Similairement, l'arsenal aurait grandi d'environ 5 têtes nucléaires en 1950 à près de 1 600 en 1960.

Les États-Unis étaient en avance, mais terrorisés. Tout le monde de ma génération se rappelle exercices où nous devions nous accroupir et nous protéger la tête à l'école, les tests des sirènes indiquant des raids aériens et le système de diffusion de la défense civile. Les peurs de la nation furent bien illustrées dans des livres et films populaires des années '50 tels que "On the Beach", "Fail-Safe" et "Dr. Strangelove".

Tout comme l'avaient prédit les scientifiques nucléaires, la supériorité numérique des armes n'apporta pas la sécurité. Les tensions étaient palpables et les confrontations à Berlin et Cuba au début des années 1960 tendit le monde entier.

Un club en expansion

De plus, la menace ne vint plus seulement de deux états. La Grande-Bretagne joint le club nucléaire en 1952, la France en 1960, suivie de très près par la Chine. Les services de renseignements des États-Unis conclurent que près de 16 états étaient en mesure d'avoir des armes atomiques en 1968.

Les dirigeants américains furent confrontés avec la question cruciale des moyens requis afin d'assurer la protection de leur nation. Produire plus d'armes atomiques ou réduire leur nombre? Pour John F. Kennedy, la réponse était claire: "Aujourd'hui, nous devons nous préoccuper de notre capacité de maintenir notre planète habitable" a déclaré Kennedy. "Ces armes de guerre doivent être éliminées avant qu'elles ne nous exterminent. Les risques inhérents d'un désarmement sont minimes comparativement aux risques inhérents à une course aux armements illimitée."

Les premiers pas

Kennedy aurait commencé à négocier un traité bannissant les essais atomiques et un pacte de non-prolifération. Il aurait signé le Limited Test Ban Treaty avec l'Union soviétique en 1963, le considérant comme "un premier pas".

Kennedy ne vécut pas assez longtemps pour finir son projet, mais Lyndon Johnson prit la relève. En 1968, il signa le joyau de sa présidence: Le Traité de Non-Prolifération des Armes Atomiques (TNP). Le président Richard Nixon obtint sa ratification en 1970 lors d'une cérémonie au jardin des roses. Il aurait déclaré "J'espère que nous allons nous tourner vers le passé et dire que ceci était le premier pas vers un processus dans lequel les nations de ce monde sont passées d'une période de confrontation à une période de négociation et de paix durable".

À de nombreux égards, ce fut le cas. Le TNP fut un effort bipartisan qui produisit une augmentation significative de la sécurité nationale et internationale.

Réduire la dispersion

Le TNP et le traité interdisant les essais nucléaires furent des liens substantiels entre le contrôle des arsenaux existants et le contrôle de la prolifération des armes atomiques des autres nations. Un document récemment publié par le National Intelligence Estimate de 1958 avait remarqué ce lien et est indicatif de ce que pensait le président: "Une entente entre les États-Unis et l'URSS bannissant ou limitant les essais nucléaires aurait un effet restrictif sur la production indépendante d'armes atomiques par d'autres pays. Cependant, les effets inhibiteurs d'un moratoire sur les essais nucléaires ne seraient que temporaires à moins que des progrès dans le domaine du désarmement - axé vers le contrôle efficace et la réduction des stocks d'armes - soient remarqués.

Signes positifs

Similairement, un estimé de 1961 jugeait que 15 pays pourraient développer des armes atomiques, mais que la plupart ne le feraient pas, à moins "qu'il ne devienne clair que des progrès dans le domaine du désarmement international soient peu probables".

Le TNP, le traité interdisant les essais nucléaires et autres efforts de désarmement ont fait une différence.

Prendre la route de la non-prolifération a donc augmenté la sécurité des États-Unis et du monde entier. Les estimés des services de renseignement auraient confirmé une décroissance constante dans le nombre d'états nucléaires "possibles" et "probables", malgré le fait qu'à mesure que les pays industrialisés étaient rayés de la liste, des programmes dans les pays en voie de développement apparurent.

Dès 1970, la France et la Chine avaient déjà déployé des armes atomiques, mais la liste de candidats nucléaires avait été réduite à seulement quatre ou cinq autres pays. Cinq de trop selon certains, mais c'était déjà mieux que vingt-cinq. Le barrage diplomatique avait tenu

Un pas en avant, deux pas en arrière

Les progrès des années '60 donna naissance au phénomène d'ambivalence nucléaire des années '70. L'entente de Richard Nixon qui limitait le nombre de missiles et de bombardiers coexistait avec la multiplication des têtes nucléaires. Le succès des efforts de non-proliférations furent mis en questions avec les essais atomiques indiens de 1974 et les programmes nucléaires secrets d'Israël et d'Afrique du Sud.

Les États-Unis, tout comme l'URSS reprirent la course aux armements dans les années '80. Mais l'expansion militaire initiale de Ronald Reagan fut suivie par un deuxième mandat marqué par des ententes sans précédent concernant la réduction des arsenaux nucléaires...

Partie trois
Première partie



Source: Theglobalist.com - 13 déc. 2005
Source de l'image: silverdragon53.tripod.com

13:30 Publié dans Dossier , Militaire , Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Information et relations internationales

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