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27 février 2006
Le droit des femmes de disposer de leur corps remis en question
La Cour suprême américaine va étudier un type d'avortement
La Cour suprême américaine a accepté mardi d'examiner une affaire portant sur une méthode chirurgicale d'avortement tardif, dont la décision sera un test capital sur l'orientation que prendra la plus haute jurisdiction après la récente arrivée de juges conservateurs. Le gouvernement américain conteste des décisions prises par des tribunaux selon lesquels la loi de 2003 interdisant une méthode chirurgicale d'avortement tardif est inconstitutionnelle, principalement parce qu'elle ne prévoit pas d'exceptions permettant de protéger la santé de la femme. Cette loi marque la première restriction au droit des femmes d'avorter établi par la Cour suprême en 1973.
L'avortement est l'un des dossiers les plus controversés à revenir régulièrement devant la Cour suprême. Il a été légalisé en 1973 par l'arrêt rendu dans le procès «Roe contre Wade».
Le 31 janvier, une Cour d'appel fédérale de San Francisco (Californie, ouest) a jugé inconstitutionnelle la loi interdisant une méthode chirurgicale d'avortement tardif.
Cette décision bloque l'application de cette loi dans tous les États-Unis et seule une décision contraire de la Cour suprême pourrait renverser cet arrêt.
John Roberts est devenu en septembre le nouveau président à vie de la Cour suprême des États-Unis et Samuel Alito a remplacé en janvier la juge Sandra Day O'Connor, une conservatrice modérée très attachée aux droits des femmes qui incarnait jusqu'à présent le centre idéologique de la Cour.
L'arrivée de ces deux juges risque de donner un coup de barre à droite sur des sujets fondamentaux tels que, outre le droit à l'avortement, la peine de mort, les mariages gays ou encore l'étendue des pouvoirs présidentiels dans la guerre contre le terrorisme.
Déjà, certaines organisations favorables au droit à l'avortement ont exprimé leur inquiétude après cette décision de la Cour Suprême.
«La décision de la Cour Suprême d'examiner ce cas est un dangereux acte d'hostilité directement à l'encontre de la santé et la sécurité des femmes» a indiqué Cecile Richards, présidente de l'association PPFÀ (Planned Parenthood Federation).
«Malgré 33 ans de jurisprudence démontrant que la santé des femmes importe, la Cour Suprême a décidé qu'elle va à nouveau étudier ces questions», a-t-elle ajouté, estimant que «les législateurs devraient cesser de jouer à la politique au détriment de la santé et de la vie des femmes».
Pour leur part, les partisans du droit à la vie et la droite religieuse ont fait part de leur satisfaction. «L'industrie de l'avortement est en train de trembler. Ils savent que les jours de «Roe contre Wade» sont désormais comptés» a ainsi déclaré Randall Terry de l'organisation «Society for Truth and Justice».
Une autre organisation anti-avortement, le NPLAC (National Pro-Life Action) a estimé que la décision de la Cour aiderait à faire la lumière sur «des pratiques barbares» et a dénoncé «la perpétuation de la culture de mort dans notre société», qui «n'a absolument rien à voir avec la préoccupation sur la santé des femmes» .
Source: AFP
21:10 Publié dans Science | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : actualité


