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01 mars 2006
Québec: L'opposition dénonce l'intransigeance de Charest
L'opposition péquiste et adéquiste à l'Assemblée nationale en remet sur «l'intransigeance» du premier ministre Jean Charest. Réagissant au remaniement de lundi soir, et au départ du ministre de l'Environnement Thomas Mulcair, notamment, les deux partis disent constater que le premier ministre n'accepte plus aucune forme de dissidence au sein de son cabinet.
Le départ du minsitre Muclair (pro-kyoto), accomode-t-il le gouvernement Charest qui tente par tous les moyens d'augmenter sa popularité en s'appuyant sur le nouveau gouvernement Harper à Ottawa (anti-kyoto)? Rappelons qu'un récent sondage som-la presse mentionnait que l'impopularité historiquement inégalé du gouvernement Charest, situé à 77% en décembre 2005, avait chuté avec l'élection de Stephen Harper.
«Il n'y a pas de place dans ce gouvernement pour la discussion. La règle qui prévaut à Québec, c'est le crois ou meurs. On doit s'attendre à plus que cela du premier ministre», a déclaré le chef du PQ, André Boisclair.Le chef de l'ADQ, Mario Dumont, abonde dans son sens en ajoutant que les «fortes têtes» peuvent être utiles au Conseil des ministres. «Dans les cas d'Yves Séguin comme de Thomas Mulcair, on n'a pas la démonstration que c'est parce que les dossiers ne fonctionnaient pas qu'ils ont été congédiés», constate M. Dumont.
Il reproche à Jean Charest d'avoir affaibli le Conseil des ministres en gardant du «bois mort» dans son équipe. Le chef péquiste a été plus précis en disant que la ministre Carole Théberge aurait dû être écartée. «Elle est la championne du conflit avec les clientèles dont elle a la responsabilité», croit M. Boisclair.
Quoique convaincu des qualités de l'ex-souverainiste Raymond Bachand, qui est devenu ministre du Développement économique, M. Boisclair l'accuse déjà de «vouloir poursuivre les politiques impopulaires» de Claude Béchard, nouveau ministre de l'Environnement.
Le chef du Parti québécois demande à ce dernier de déposer très vite une loi qui mettra en oeuvre le protocole de Kyoto au Québec.
Charest et la dissidence
La « démission forcé » de T. Muclair, fait suite à d’autre affaire du même genre. À son arrivé au gouvernement, rompant avec la tradition, le premier ministre Jean Charest avait exclu Pierre Paradis (pourtant numéro deux du parti Libéral) du cabinet des ministres. Par la suite, le ministre des finances, Yves Séguin, c’était aussi vu montrer la porte du cabinet des ministres après avoir un peu trop parlé du déséquilibre fiscale et critiqué le gouvernement fédéral.
Dernièrement, le premier ministre, a exigé que toutes les activités de communications de l’appareil de l’état Québécois soit centralisé à son bureau. Ainsi, plus un seul communiqué de presse du gouvernement ne peut être émis ou envoyé à la presse sans que le personnel politique, issus de son parti, ne le décide.
Muclair Victime de son travail?
Selon Le quotidien Le Devoir, Thomas Mulcair n'a pas perdu le ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs (MDDEP) parce qu'il n'avait plus l'appui du milieu environnemental, comme l'ont soufflé à l'unisson les «spinners du bunker» après le remaniement ministériel de lundi. Il a plutôt payé le prix de politiques entérinées par le gouvernement mais qui, à la longue, ont irrité de plus en plus de collègues des ministères à vocation économique et de lobbys bien branchés dans l'entourage du premier ministre Charest.
Un fonctionnaire du Conseil exécutif, le ministère du premier ministre, résumait de façon informelle au Devoir la saga Mulcair des derniers jours avec un oeil critique, voire cynique. En substance, dit-il, le ministre de l'Environnement est d'entrée de jeu le gardien de but environnemental du gouvernement. On veut évidemment que son image soit parfaite parce que l'environnement est un dossier prioritaire dans l'opinion, ce qui exige un ministre fort.
«Mais dans les faits, au fur et à mesure qu'ils s'attaquent à leurs dossiers, ses collègues ou de gros joueurs de l'économie en viennent tour à tour à lui suggérer de laisser passer une ou deux rondelles, poursuit la même source. S'il refuse, il se fait des ennemis mortels.
Mulcair et les anglophones
Le journaliste d'expérience et rédacteur en chef du Hudson Gazette, Jim Duff, croit que son ami Tom Muclair, «un Irlandais au sang chaud», pourrait «être tenté de quitter la politique». Selon lui, cela démontre que le gouvernement à Québec ne prend jamais au sérieux l'environnement, ni les anglophones.
Quant à la conseillère municipale de Côte-Saint-Luc, Dida Berku, elle conclut que la décision d'exclure M. Mulcair du cabinet est «très regrettable». Il s'agit d'une autre preuve que le gouvernement Charest tient la communauté anglophone pour «acquise». «Mais c'est surtout une déception du point de vue de l'environnement. Pour une fois, on avait quelqu'un qui faisait avancer les dossiers», dit Mme Berku.
Source: Canoe, Cyberpresse, Le Devoir, SRC radio.
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