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13 mars 2006
Golfe du Mexique: De nombreuses plateformes pétrolières ne seront pas récupérées suite aux ouragans
La majeure partie de la production pétrolière et gazière qui est encore hors-ligne suite aux ouragans ayant survenu dans le Golfe du Mexique demeureront hors-ligne parce qu'il ne serait pas économique pour les compagnies de rebâtir les plates-formes de production aurait déclaré aujourd'hui le secrétaire à l'énergie Sam Bodman au congrès américain.
Environ 255 000 barils par jour de production de pétrole ainsi qu'environ 400 millions de pieds cubes de gaz naturel seront toujours hors-ligne le 1er juin, le début de la saison des ouragans. Ceci représenterait une baisse d'environ 17 pourcent de la production pétrolière et 4 pourcent de la production gazière par rapport aux conditions pré-ouragan.
"Nous croyons que les plates-formes de production ne seront pas remises en service parce qu'il n'est pas intéressant économiquement de réinvestir afin de rebâtir les infrastructures" aurait déclaré Bodman au House Energy and Commerce Committee lors de la présentation du budget 2007 du département de l'énergie.
Bodman aurait affirmé que l'abandon de la production est principalement localisé dans de vieux champs pétrolifères et gaziers près de la côte.
"Ils sont habituellement pratiquement épuisés et il ne serait pas économiquement viable de réinvestir dans leur reconstruction, et c'est ce qu'ont fait les compagnies" a déclaré Bodman.
Selon le gouvernement, les compagnies énergétiques sont en train de forer plus loin de la côte en eaux plus profondes et que la production pétrolière et gazière perdue serait restaurée.
Bodman affirme par contre que les trois raffineries pétrolières américaines qui sont toujours hors-ligne à cause du dommage causé par les ouragans Katrina et Rita devraient être en ligne "d'ici quelques semaines" ou dès la fin du mois de mars, début avril au plus tard
La production additionnelle sera requise. En effet, le département de l'énergie prédit une forte demande pour l'essence et des prix élevés à la pompe pour l'été prochain.
Source: www.chron.com - 8 Mar. 2006
Source de l'image: smh.com.au
-= Note =-
Ce communiqué est intéressant pour plusieurs raisons: 1- Il soulève la question du coût d'installation/restauration. En effet, malgré le fait qu'il y ait beaucoup de pétrole un peu partout sur la planète, dans de nombreux cas il n'est implement pas économique financièrement ou même énergétiquement d'aller l'extraire.
2- Ceci va faire décroître la production pétrolière américaine encore plus. Il est possible, mais peu probable que la production pétrolière en eau très profonde arrive à compétitionner économiquement avec la production pétrolière côtière. La production américaine a commencé à décliner en 1971, pratiquement exactement où M. King Hubbert l'avait prédit. Selon la théorie de M. Hubbert, la production pétrolière d'un pays peut augmenter constamment jusqu'à ce qu'environ la moitié des réserves utilisables aient été extraites. À partir de ce point, selon M. Hubbert, le déclin de la production est inévitable et aucune quantité de technologie ne pourrait faire augmenter le production pétrolière à nouveau (voir l'article: Est-ce que la production mondiale de pétrole a passé son pic?).
3- Les ouragans ont souligné la vulnérabilité intrinsèque des installations pétrolières américaines qui, advenant une autre saison d'ouragans, pourraient être ravagées à nouveau.
4- De nombreux analystes croient que l'anxiété reliée au dommage causé par les ouragans aurait fait grimper le prix du pétrole à des niveaux records. La réponse du prix du pétrole réflèterait le manque de marge de manoeuvre entre l'offre et la demande sur les marchés pétroliers.
Afin de comprendre un peu mieux ce qui se passe avec le pétrole, on peut regarder la figure suivante (Source)

Il est intéressant de noter une augmentation quasi linéaire du prix du pétrole entre 2004 et 2006. Ceci ne signifie pas que la tendance se continuera à l'infini, mais réflète plutôt le fait que le prix du pétrole était sous-évalué. Avec une augmentation constante de la consommation et une croissance quasi nulle de la production (voir l'article Comment se portent les 10 plus grandes pétrolières?), seule une augmentation des prix permet au marché de s'ajuster.
23:25 Publié dans Économie , Énergie , Environnement | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : actualité


