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14 mars 2006

Québec: les bavures font mal au Gouvernement Charest

La grogne divisent les députés du PLQ

«Le mont Orford, c'est comme les écoles juives, comme les coupes des prêts-bourses, comme les garderies, comme le Suroît», a laissé tomber, à l'occasion du caucus à huis clos des députés libéraux, Russell Copeman. Ce verdict émane du député de Notre-Dame-de-Grâce, un vétéran de longue date du parti Libéral du Québec.

Le plus récent désastre médiatique du gouvernement Charest, le dossier de la vente du parc du Mont-Orford, s'inscrit dans une longue liste de bavures, de décisions mal ficelées, d'idées improvisées qui n'ont jamais été discutées avec les élus au préalable.


Devant un Jean Charest visiblement contrarié, le député aurait égrené tout le chapelet des décisions mal calculées, où le gouvernement a dû reculer, perdant à chaque occasion un peu de plumes et beaucoup de crédibilité.

Une critique dure et rare

Venant de l'intérieur des rangs libéraux, une critique aussi dure que celle de Russell Copeman, élu passablement modéré, est plutôt rare. Remaniement après remaniement, Jean Charest grossit le nombre des députés qui se disent qu'ils seront encore en politique après le départ de leur chef. Depuis le lendemain du dernier remaniement, on s'attend même à une opération de «déstabilisation» visant M. Charest jusque dans la haute fonction publique.

Sans trop de conviction, Pierre Reid, ministre limogé la semaine dernière, s'est levé pour défendre le projet d'Orford. Les stratèges libéraux ont sans doute compris qu'il y aurait pas mal d'absents à l'Assemblée nationale quand le gouvernement voudra faire adopter son projet de loi pour vendre les 600 hectares du parc national et y autoriser la construction de condominiums.

Éjecté du Conseil des ministres, Thomas Mulcair brillait d'ailleurs par son absence. Pierre Paradis était également introuvable. Ancien titulaire de l'Environnement lui aussi, il s'était maintes fois opposé à la vente de terrains du mont Orford à l'époque de Robert Bourassa quand Fernand Magnan voulait acheter la montagne.

Des rumeurs mentionne d’ailleurs que Québec devra payer «une dizaine de millions», au groupe d'André L'Espérance, avant de vendre le centre de ski du Mont-Orford, pour compenser les investissements effectués sur les équipements qui lui étaient loués jusqu'ici. Une informations qui vient encore gonflé le coût de l’opération fort constestée.

Le premier ministre tentera de présenter une autre vision

Rien à voir dans ce bilan, avec le résumé des bons coups du gouvernement que fera M. Charest à l'occasion du message inaugural à l'Assemblée nationale. Le premier ministre insistera surtout sur le ton nouveau des relations fédérales-provinciales, avec l'arrivée des conservateurs à Ottawa.

M. Charest martèlera aussi l'importance du dossier énergétique, dans le cadre du développement durable. Il se fera le porteur de ces projets mobilisateurs, d'ici les élections, en 2007.

Une constante les déboires

Autre dossier épineux: Michel Després a rencontré les journalistes hier pour annoncer que les députés libéraux réclamaient maintenant que la Société d'assurance automobile du Québec vienne expliquer en commission parlementaire les hausses importantes de primes à compter de 2007. En janvier, le même ministre avait mis le holà à une tournée d'information de la SAAQ qui visait, précisément, à expliquer ces décisions délicates. Un autre retour en arrière.

Tout ce que touche le gouvernement semble tourner au vinaigre. Après trois ans de travail à Loto-Québec, le gouvernement Charest a subitement prévenu les patrons de la société d'État qu'il était opposé au projet de déménagement du casino.

Même cafouillis dans le dossier des hôpitaux universitaires de Montréal. La facture est actuellement de 600 à 700 millions de dollars supérieure aux prévisions. Les terrains coûtent plus cher que prévu à décontaminer, l'un des sites paraît instable, les estimations sont restées longtemps approximatives. Bref, le ministre Philippe Couillard devra prendre une décision en avril... et elle risque d'être, encore une fois, difficile à expliquer.

C'est sans parler des déboires de la Société des alcools, de la démission de Raymond Boucher, l'homme de confiance de M. Charest, des faux pas sortis de l'écran radar, par d'autres bourdes, plus récentes.

L’opposition ne capitalise pas

Pendant ce temps, l’opposition occupe très peu de place dans les médias. Partout, on s’interroge à savoir pourquoi le PQ et l’ADQ font si peu de sortie et ne profitent pas des mouvements massifs de grogne qui s’organise un peu partout.

Source : Cyberpresse

12:45 Publié dans Économie , Environnement , Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique

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