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14 mars 2006

L'agriculture malmène les réserves d’eau mondiale

« L'agriculture représente 70 % des prélèvements d'eau dans le monde, mais de nombreuses pratiques locales traditionnelles montrent l'exemple d'une gestion respectueuse de la ressource », explique Marie-Françoise Courel, géographe, présidente de l'École pratique des hautes études à Paris et chercheuse au CNRS.

Echo-Actu résume en quelques points les faits saillants d'un entretien intelligent présenté sous forme de question réponse par l'Agence France Presse.


La consommation d'eau par l'agriculture est-elle soutenable à long terme?

Dans les zones arides, l'irrigation entraîne presque toujours de grosses déperditions d'eau liées à son évaporation. Mais aujourd'hui, les agriculteurs sont chaque fois plus dépendants de l'eau souterraine, extraite de manière «non soutenable». L'Inde est un exemple flagrant, mais l'anarchie dans les eaux souterraines de la planète se retrouve en Chine, Iran, Indonésie, Brésil, Mexique, Maroc, jusqu'aux États-Unis qui vident leurs réserves souterraines pour produire des denrées d'exportations.

L'Arabie saoudite est un cas extrême: elle cultive du blé en plein désert alors que le pays n'en consomme pas et que 90 % de l'eau servant à l'irrigation s'évapore dans l'atmosphère!

Le succès de la «révolution verte» dans les années 80 était basé sur un investissement massif: construction de barrages et prélèvements dans les fleuves pour remplir des canaux d'irrigation, sans mesurer l'impact de ces prélèvements sur les autres usages.

Incriminer l'agriculture intensive des pays développés ou les pratiques d'irrigation en général?

Les pratiques traditionnelles sont souvent intelligentes, surtout là où l'eau est rare. Il faut les valoriser et leur associer les techniques actuelles.

La notion «d'eau virtuelle» est ici importante: elle désigne l'eau utilisée pour la culture et la manufacture des produits du commerce international. Produire 1 litre de lait exige 2000 litres d'eau; 1 kg de blé 1000 l; un tee-shirt de coton 7000 l ou 1 kg de viande de boeuf 20 000 l. Mais l'eau est économisée par celui qui importe le bien.

D'autres systèmes plus respectueux de la ressource ont été mis en place à travers le monde - «horloges à eau» au Népal central, «kariz» en Chine ou «kanat» en Iran : ce sont des systèmes de canalisation d'eau souterrains qui la préservent de l'évaporation tout en évitant la salinisation de la terre.

Promouvoir la gestion locale de l'eau

Il faut surtout assurer un suivi: ouvrir les yeux sur des exemples intelligents de gestion locale de l'eau, mesurer la place des petites expériences et dégager des exemples.

Source : AFP

12:20 Publié dans Environnement | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Information et relations internationales

Commentaires

L'eau est un bien précieux. Il faut à tou prix encourager les pratiques agronomiques qui économisent l'eau. Il est fort à parier que les tensions entre l'agriculture et les autres usagers de l'eau vont s'exacerber si rien n'est fait. Pour continuer la discussion: http://comagri-chansiaux.blogs.com/

Ecrit par : Chansiaux | 24 mai 2006

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