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15 mars 2006
Nerveux les libéraux se censurent
Les sondages défavorables qui s'accumulent commencent à irriter et apeurer les députés libéraux provinciaux. À mesure que l'échéance électorale approche, la nervosité et l'inquiétude gagnent le caucus des députés libéraux, a admis aujourd'hui le whip du gouvernement Norman MacMillan. Les remous sont nombreux au sein du caucus et les autorité du parti libéral craigne les défections publiques. Une situation qui rappelle fortement celle vécue par Daniel Johnson en 1998.
La règle jusqu'à la campagne électoral est maintenant claire: les débats doivent demeurer à l'interne et le linge sale se laver en famille. C'est ce qu'a fait comprendre le whip du parti, furieux contre la source anonyme qui a ébruité la sortie virulente du député Russell Copeman au cours d'un caucus à huis clos lundi dernier.
«Les gens sont quand même inquiets, a reconnu M. MacMillan devant les journalistes peu avant la séance hebdomadaire du conseil des ministres à Québec. Les gens commencent à penser à la campagne électorale. Ils aiment siéger à l'Assemblée nationale alors ils sont nerveux et cela ressort dans les discussions (du caucus).»
«Si l'on découvre celui qui l'a fait, je vais recommander au premier ministre de l'expulser du caucus, de lui demander de quitter le caucus», a expliqué en substance M. MacMillan, sur un ton qui n'invitait pas à la réplique.
Le député Copeman aurait en outre énuméré, devant un premier ministre Jean Charest inconfortable, la liste des déconfitures et des décisions impopulaires qui ont miné la crédibilité du gouvernement au cours des ans.
M. Copeman aurait cité le projet controversé de privatisation d'une partie du parc du Mont-Orford, la tentative avortée du gouvernement de financer les écoles privées juives, la crise provoquée par les coupes dans le régime des prêts et bourses, la grogne qui a suivi la réforme administrative des CPE et le projet mort-né de centrale thermique du Suroît.
À la veille des élections, le 2 mars 1998, après 8 ans de pouvoir, Daniel Johnson remettait sa démission comme chef du parti et quittait le PLQ. Le grenouillage interne, les mauvais sondages, les sorties publiques de plusieurs députés et les intentions claires de plusieurs ténors de le remplacer l'avait forcé à quitté avant la fin de son mandat. C'est dans ces conditions qu'était arrivé Jean Charest. Vu comme le sauveur du PLQ, il avait perdu l'élection suivante. Gageons que plusieurs députés Libéraux se rappellent cette évènement et que certain commence à se dire que le parti mériterait un nouveau chef.
Ajoutons que Thomas Muclair, Pierre Paradis et plusieurs autres députés, écarté du pouvoir, ne seraient certainement pas fâché de prendre leur revanche.
Un avertissement sévère a été servi aux députés tentés de s'épandre publiquement sur les états d'âme et les humeurs exprimés au caucus. «Celui qui brise la règle (de confidentialité) ne mérite pas de siéger au caucus», a pour sa part précisé le président du caucus David Whissell.
Source: Canoe
15:45 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique


