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16 mars 2006

Iran: Bush utilise une réthorique déjà connue

L'Iran, officiellement ennemi public n°1 aux Etats-Unis

Le régime islamique qui, «depuis vingt ans cache ses efforts nucléaires» et «menace la paix au Moyen-Orient», est brocardé dans le rapport 2006 sur la stratégie pour la sécurité nationale, rendu public jeudi par la Maison blanche.

L'administration américaine a rendu publique, jeudi 16 mars, sa nouvelle doctrine stratégique de sécurité nationale. Ce document de 49 pages est une suite - plus élaborée - à celui rendu public en septembre 2002, qui avait alors marqué un changement majeur dans la stratégie de défense américaine avec la doctrine dite d'attaque préventive contre les groupes terroristes et les Etats voyous disposant d'armes de destruction massive. George Bush avait pour la première fois évoqué en juin 2002 devant l'Académie militaire de West Point ce tournant stratégique. Il avait été mis en application moins d'un an plus tard avec l'invasion de l'Irak. Le nouveau texte devait être présenté jeudi par le conseiller à la sécurité nationale, Stephen Hadley, lors d'un discours à l'Institut américain pour la paix. La Maison Blanche en a fourni en avance des copies à quatre grands journaux américains.

Le dossier nucléaire iranien, actuellement devant l'ONU, est un élément central de cette politique sécuritaire.


« Quand les conséquences d'une attaque avec des armes de destruction massive sont potentiellement dévastatrices, on ne peut pas se permettre de rester passif alors que les dangers se matérialisent », prévient l'administration républicaine. Cette politique d'attaques préventives, adopté en septembre 2002, portait les germes de l'invasion américaine en Irak.

La politique américaine identifie l'Iran comme le pays qui pourrait représenter le plus grand défi jamais posé aux États-Unis. En plus de soutenir le terrorisme et d'attiser les violences chez son voisin irakien, Téhéran « menace Israël, essaie de contrecarrer la paix au Moyen-Orient et dénie à son peuple ses aspirations à la liberté », soutient la Maison-Blanche.

Dans un document de 49 pages remis jeudi aux médias avant l'allocution prévue du conseiller en matière de sécurité nationale, Stephen Hadley, le gouvernement américain rappelle qu'il privilégie toujours la voie diplomatique et la préservation de ses alliances stratégiques.

Pourtant en 2002, l'Iran n'était cité qu'une seule fois dans le «rapport sur la stratégie pour la sécurité nationale» des Etats-Unis; et encore, il l'était au titre de victime des armes de destruction massive de Saddam Hussein. Dans la nouvelle mouture rendue publique hier par la Maison blanche, les mots Iran/Iranien apparaissent à 16 reprises. Le régime de Téhéran, qui «parraine le terrorisme, menace Israël, tente de contrarier la paix au Moyen-Orient, sape la démocratie en Irak et rejette les aspirations de son peuple à la liberté», est désormais très officiellement considéré comme la menace numéro un pesant sur la sécurité des Etats-Unis. L'Iran, qui «depuis vingt ans, cache ses efforts nucléaires» et «refuse de négocier de bonne foi», est en matière de prolifération nucléaire le «plus grand défi posé par un seul pays». Au même chapitre, la Corée du Nord n'est en revanche qu'un simple «défi sérieux».

Les autres états suspects

La Syrie est qualifiée de « tyrannie » parrainant des activités terroristes et abritant des terroristes. La Corée du Nord constitue pour sa part un problème en matière de prolifération nucléaire, de trafic de drogue et « affame son peuple ». Un avertissement est lancé à la Chine pour que Pékin cesse d'augmenter ses capacités militaires, arrête de soutenir des pays exportateurs d'énergie peu importe leur comportement et montre une ouverture économique.

De nombreux autres pays, dont Cuba, le Venezuela, le Bélarus, le Myanmar et le Zimbabwe, sont dans la ligne de mire du gouvernement américain. Le conflit au Darfour semble également l'inquiéter.

La Russie est aussi considérée avec un regard plus critique qu'en 2002. "Des tendances récentes ont de façon regrettable montré une diminution de l'engagement pour la liberté et des institutions démocratiques." La Chine est également mise en garde. L e document l'invite à "agir comme un partenaire responsable qui remplit ses obligations". "Notre stratégie est d'encourager la Chine à faire les bons choix stratégiques pour son peuple, tandis que nous nous préparons à d'autres possibilités", précise le texte.

Source: SRC, Libération et Le monde.

Note:

Aussi près des élections américaines, les faucons prendront-ils le pari de refaire une guerre...

17:45 Publié dans Militaire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Information et relations internationales

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