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18 mars 2006

Analyse: Est-ce que plus est mieux? L'argent/énergie font-ils le bonheur?

medium_fig2.jpgLa déplétion des ressources naturelles est un des multiples symptômes d'une planète sur-exploitée. Notre pulsion instinctive pour toujours avoir plus, couplée avec une population mondiale grandissante suggère qu'une limite finie à la croissance sera éventuellement atteinte, si elle ne l'a pas déjà été.

Dans les discussions concernant la sur-exploitation des ressources, notamment les ressources énergétiques, il est souvenant implicitement assumé que nous DEVONS remplacer l'énergie qui sera perdue (à cause du déclin dans la production pétrolière mondiale) afin de maintenir notre niveau de vie et d'être heureux. En effet, il semblerait que la plupart de nos efforts actuels sont orientés vers la comparaison/découverte de nouvelles alternatives énergétiques. De plus, les experts du côté de la demande étudient l'efficacité, le co-voiturage, les journées de 4 jours, etc. Le but de cet article est d'examiner la question suivante: Quelle est la nécessité de constamment augmenter notre consommation énergétique? À quoi sert-elle, si ce n'est pour nous rendre heureux?


Certains écologistes croient que le monde pourrait subvenir aux besoins d'environ 1-2 milliards d'humains. Tout chiffre utilisé ici présuppose une certaine consommation énergétique et impact planétaire par humain. Le monde a une variété très large de cultures, habitudes et niveaux de consommation énergétique. Basé sur de la rhétorique économique, il est typiquement assumé que moins d'énergie par habitant est une mauvaise chose. Une étude subjective sur le bien-être de nombreux habitants à travers le monde a été conduite par www.worldvaluessurvey.org. Cette étude, conduite en quatre étapes sur une période de 15 ans, a mesuré des douzaines d'indicateurs démographiques, dont un était le bien-être.

Ci-dessous se situe un de leurs figures les plus connues montrant la relation entre le Produit Intérieur Brut (PIB) par capita versus le pourcentage d'habitants de chaque pays qui est "satisfait" ou "content" de leurs vies.


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On peut observer qu'aux niveaux inférieurs du PIB, il y a peu de gens heureux, mais passé un certain niveau de PIB par capital, l'augmentation du revenu ajoute très peu au bien-être subjectif des habitants.


Ronald Inglehart du World Values Survey a présenté la figure en mentionnant qu'après avoir subvenu aux besoins de base, les choix de style de vie comptent pour la majorité de la différence dans le haut du spectre du PIB. En effet, des modes de vie consommant peu d'énergie semblent réussir aussi bien que des modes de vie consommant des quantités massives d'énergie (en effet, il y a au moins 10 pays sur la figure qui ont des meilleurs résultats que les États-Unis sur le niveau de satisfaction avec la vie en général et ils ont tous des PIB par capita inférieur à ce dernier).

Puisque le PIB et la consommation d'énergie sont corrélés, il est intéressant de voir le lien entre la satisfaction avec sa vie et la consommation d'énergie. Les résultats sont présentés dans la figure suivante (Figure 3)


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Comme on peut l'observer, il n'Y a pas de corrélation entre le bien-être subjectif et l'utilisation d'énergie (r2 de 0.14). Il est intéressant de noter que les États-Unis utilisent environ 39 fois plus d'énergie primaire que les Philippines malgré le fait que le pourcentage de la population se déclarant comme "très contents" est à peu près égal. Même s'il y a un faible r2, ceci ne signifie pas qu'il n'y pas de relation entre énergie et bonheur. En effet, le graphique semble montrer que nous n'avons pas besoin de beaucoup d'énergie pour être heureux.

Vaclav Smil dans son livre "Energy at the Crossroads" a fait un travail similaire sur la mesure subjective du bien-être versus la consommation énergétique. Une relation similaire au "boomerang" présenté ci-dessus a été trouvée. Smil aurait conclu qu'un niveau raisonnable de bien-être pouvait être atteint avec une consommation énergétique entre 50 et 70 GJ per capita, avec une augmentation marginale jusqu'à 100 GJ par capita. En comparaison, l'Amérique du Nord consomme environ 340 GJ per capital. Ici encore, l'excès de consommation ne mène pas directement à une augmentation du bien-être.

En tant qu'animaux évolués se situant en haut de la chaîne alimentaire, les humains sont devenus des experts en acquisition de ressources, incluant l'énergie. À un certain point, par exemple, "plus d'énergie" ne semble pas nous rendre "plus heureux". De manière anecdotique, il a également été rapporté que des clients valant de centaines de millions de dollars n'étaient pas plus heureux que des commis de bureau, même si la richesse fabuleuse représente la "carotte" que les gens tentaient d'obtenir.

Tout le monde a des besoins et des désirs. Les désirs ne pourront jamais être réellement satisfaits, peu importe la consommation énergétique (regardons du côté des milliardaires pour en avoir une idée). Les besoins sont ce qui est le plus important.
Donc, même en période de restriction de la consommation énergétique, il faut se rappeler que plus n'est pas nécessairement mieux. Moins n'est pas nécessairement pire. Peut-être qu'à travers l'éducation, la publicité et l'exemple, la société pourrait lentement changer la définition de la "carotte" vers une définition qui requiert moins d'énergie mais qui fournit autant ou même plus de bonheur.

Source: theoildrum.com (Lien)
Source de l'image: theoildrum.com

12:25 Publié dans Dossier, Économie, Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique

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