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19 mars 2006
Iran: L'élite de Téhéran se retourne contre le président "extrémiste"
Téhéran - Le clergé ainsi que le milieu des affaires iranien, très préoccupés par ce qu'ils voient comme des dépenses inutiles et une politique étrangère agressive, seraient de plus en plus nombreux à se retourner contre le président Mahmoud Ahmadinejad.
Dans ce contexte, de nombreux analystes voient les confrontations du président iranien avec les États-Unis et l'Europe concernant le programme nucléaire de Téhéran comme une tentative de démoniser l'Occident et de distraire la population des problèmes domestiques pressants.
Un petit groupe d'extrémistes "aux plus hauts niveaux du gouvernement, autour du président" tentent de tirer profit de la crise avec l'Occident parce que "de cette manière ils seront capables de blâmer l'Occident pour tous leurs problèmes" déclare Mousa Ghaninejad, l'éditeur en chef du plus populaire journal économique iranien, Dunya Al-Eqtisad.
Des millions d'iraniens à faible revenu auraient voté pour le nouveau président l'an dernier, motivés par sa position contre la corruption et sa promesse de donner priorité à leurs besoins financiers.
"Son charme était auprès de ceux qui venaient des strates sociales inférieures et le style de vie simple de M. Ahmadinejad a donné de la crédibilité à ses promesses" déclare Nasser Hadian, un analyste politique à l'Université de Téhéran qui a été à l'école avec M. Ahmadinejad.
M. Hadian aurait prédit que les membres senior du clergé continueraient à supporter M. Ahmadinejad - ou au moins ne pas s'y opposer - pendant encore environ un an à cause de sa popularité. Mais en privé, il déclare que les membres du clergé sentent qu'il est en train d'isoler l'Iran de la communauté internationale et de mettre l'économie en danger.
Un autre facteur qui pourrait les préoccuper serait la peur que la politique anti-corruption actuelle pourrait menacer leurs propres privilèges, qui dans certains cas sont très considérables.
M. Ghaninejad était un des 13 experts économiques qui aurait averti dans deux présentations au gouvernement juste avant l'élection de M. Ahmadinejad que ses politiques populistes à courte vue seraient un désastre pour l'Iran dans le long-terme. "En ce moment il dépense de l'argent sur des problèmes complexes et il ne se soucie pas du long terme. Il croit qu'il doive aider les pauvres aujourd'hui et laisser tout le reste à l'Imam caché" a déclaré l'éditeur Ghaninejad en référence au personnage que les chiites voient comme leur messie.
Les critiques affirment que le budget de M. Ahmadinejad, qui vient juste d'être approuvé par le parlement après de très longs débats, bafoue les doctrines économiques sanctionnées par l'Expediency Council, qui est sous la supervision de l'Ayatollah Ali Khamenei.
Les efforts de planification à long terme de l'Iran demandent d'énormes efforts afin de réduire la taille du gouvernement et de réduire les subventions aux entreprises étatiques, qui constituent environ 75 % de l'économie. Cependant, le budget d'Ahmadinejad augmente les dépenses gouvernementales de 25 % et prévoit une augmentation de 31 % auprès des entreprises étatiques. Le budget 2006 vise également à utiliser la réserve de capitaux étrangers de $40 milliards - réserve générée par la vente de pétrole - afin de combler les besoins financiers de l'année en cours, malgré les appels à la restreinte.
La valeur de la bourse de Téhéran aurait chuté de $10 milliards depuis le mois de février sous le règne de M. Ahmadinejad affirme le Los Angeles Times. D'autres rapports affirment que le marché immobilier jadis florissant se serait flétri et que le flot de capitaux en direction de l'étranger serait en hausse.
Les dépenses du gouvernement de M. Ahmadinejad auraient également poussé le taux d'inflation à environ 13.5 % et de nombreux estimés affirment qu'ils pourraient atteindre 30 % cette année.
Les analystes économiques notent que l'inflation sera sentie de manière plus prononcée par les pauvres, sapant la popularité présidentielle parmis son principal bassin de support. Le parlement aurait affronté le président sur de nombreux dossiers, notamment en rejetant trois candidats au poste de ministre du pétrole. M. Ahmadinejad aurait déclaré après le deuxième rejet qu'"Aucun autre président n'avait jamais été soumis à une propagande et un traitement aussi négatif".
Les opposants à M. Ahmadinejad affirment que la coalition grandissante contre le président attirerait de nombreuses personnalités puissantes et pourrait même inclure le dirigeant suprême lui-même, malgré ses déclarations superficielles supportant le président.
Les opposants pointent do doigt in décret récent par l'Ayatollah Khameni donnant au Expediency Council, présidé par l'ancien président Akbar Hashemi Rafsanjani, un certain contrôle sur le président.
Les clercs iraniens auraient des liens étroits avec la classe capitaliste et ils affirment tous être époustouflés par la chute rapide de l'économie depuis l'inauguration de M. Ahmadinejad. Les clercs auraient également manifesté leur appréhension vis-à-vis la politique étrangère agressive du président.
M. Ghaninejad affirme qu'en confrontant l'Iran sur son programme nucléaire, l'occident envoyait une bouée de sauvetage à M. Ahmadinejad. "S'ils continuent d'augmenter la pression, M. Ahmadinejad deviendra un héro national" a déclaré l'éditeur. "Laissez les Iraniens s'en occuper. Si vous le laissez tranquille, il deviendra un politicien fini en moins d'un an. Avec une pression accrue, seuls les extrémistes bénéficieront".
Source: Washingtontimes.com (Lien)
Source de l'image: WashingtonTimes.com
-= Note =-
Est-ce que la solution au problème iranien serait de laisser le président Ahmadinejad se tirer dans le pied? Ou bien est-ce que la classe politique toute entière s'est ralliée et feint de se retourner contre le président pour gagner du temps dans la course aux armes nucléaires? Même si l'Iran obtenait (ou était sur le point d'obtenir) des armes atomiques, qu'est-ce que cela changerait? Est-ce que les armes atomiques sont toujours des armes de dissuation efficaces? (Surtout dans le cas où les deux côtés d'un conflit en sont pourvus)
00:45 Publié dans Économie , Militaire , Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Information et relations internationales


