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20 mars 2006

Irak: La guerre de plus en plus sale

L'armée américaine accusée d'un massacre de civils irakiens

Selon l'hebdomadaire «Time», en novembre, des marines ont tué quinze personnes, dont des femmes et des enfants dans leurs maisons, en représailles après un attentat contre un convoi militaire.


«Un matin à Haditha». Le titre de «Time» est placé sous la photographie d'Eman Waleed, une fillette de 9 ans, les yeux perdus dans le vague et seule survivante de la tuerie qui l'a privée de tous les membres de sa famille le 19 novembre 2005 près de la ville irakienne d'Haditha (ouest). Selon l'hebdomadaire américain, les militaires du 3e bataillon de la première compagnie de marines, la compagnie Kilo, auraient assassiné de sang-froid, par simple vengeance, 15 civils désarmés, dont 7 femmes et 3 enfants, qui se trouvaient alors dans leurs maisons.

Ce jour là à 7 h 15 locales, une bombe artisanale composée d'un détonateur relié à une bouteille de propane et muni d'un mécanisme de déclenchement à distance explose sur la route près d'Haditha. Ces engins meurtriers, nommés «matériel explosif improvisé» (improvised explosive device, IED) par l'état-major américain, et utilisés sur toutes les routes du pays par la résistance irakienne sont la hantise des convois militaires. La déflagration tue le caporal américain Miguel Terrazas, 20 ans, conducteur d'un véhicule Humwee blindé, et blesse deux autres marines. Une fusillade s'en serait suivi avec des insurgés, les tirs provenant de maisons alentour.

Le lendemain, un communiqué américain publié depuis Ramadi fait état de la mort de Terrazas et de 15 civils Irakiens dans l'explosion, ainsi que de celle de 8 rebelles touchés par les tirs américains.
Mais d'après des témoins occulaires et des responsables locaux d'organisation de défense des droits de l'Homme cités par l'enquête que l'armée à dilligentée après que Time lui eut présenté, en janvier, des témoignage direct sur l'incident, la vérité paraît bien éloignée du fait d'armes relaté par les marines. Les civils irakiens qui se trouvaient dans les maisons avoisinante auraient été purement et simplement exécutés en représailles. Certains corps ensanglantés dont «Time» publie les photographies sont encore en pyjamas, un habit effectivement peu propice aux actions de guérilla.

«D'abord, ils sont rentrés dans la chambre de mon père et nous avons entendu des coups de feu (....) Après, ils ont venus dans le salon et je les ai vus tuer mon grand-père en lui tirant dans la poitrine et dans la tête», affirme aujourd'hui la petite Eman Waleed, elle-même touchée à la jambe mais finalement épargnée par les tueurs de même que son frère Abdul, 8 ans, réfugié dans un coin de la pièce. Moins cléments, d'autres soldats n'auraient cependant pas hésité à assassiner un petit garçon de 2 ans dans une autre maison. Des militaires irakiens sont ensuite rentrés dans la maison d'Eman. «Pourquoi avez-vous fait cela à ma famille?, a-t-elle alors demandé. Ce n'est pas nous, ce sont des Américains!», lui aurait alors répondu un soldat irakien.

Si ces accusations sont vérifiées par l'enquête, il s'agirait du plus plus grave cas de meurtre délibéré de citoyens irakiens par des militaires américains depuis le début de la guerre en Irak, il y a tout juste trois ans. Elles seraient également de nature à jeter un peu plus la suspicion sur les compte-rendus d'actions militaires généreusement délivrés aux médias par les services de propagande de l'état-major américain.

Source: Libération

15:43 Publié dans Militaire | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Information et relations internationales

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