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21 mars 2006

Le Saint-Laurent à la baisse

La baisse prévue du niveau des Grands Lacs, sous l’effet des changements climatiques, aura un impact «catastrophique» sur le fleuve Saint-Laurent, préviennent des scientifiques canadiens et américains.

Le niveau des Grands Lacs risque de baisser d’au moins un mètre d’ici 30 à 50 ans, estiment les experts.

Le faible débit du fleuve rend déjà difficile l’approvisionnement de dizaines de municipalités qui puisent leur eau potable dans le Saint-Laurent ou dans la rivière des Mille-Îles, notamment. Plus de 3 millions de Québécois dépendent ainsi du fleuve pour s’approvisionner en eau.


Si ça se produit, le débit d’eau diminuera de 20 % à 40 % dans la Voie maritime du Saint-Laurent, a précisé hier Gail Krantzberg, directrice du Centre d’ingénierie et de politiques publiques de l’Université McMaster, à Hamilton. «Il faudra s’adapter. Ça ne sera pas facile. Il s’agit d’un défi considérable pour nos décideurs politiques», a indiqué Mme Krantzberg, qui surveille de près l’évolution des Grands Lacs depuis plus de deux décennies.

Les scientifiques ont fait cette mise en garde lors d’un colloque sur les Grands Lacs qui regroupait des spécialistes canadiens et américains, hier à Windsor en Ontario. Des deux côtés de la frontière, on s’entend pour dire que la précieuse eau des Grands Lacs risque de donner lieu à une bataille féroce entre le Canada et les États-Unis.

Eau potable

Le faible débit du fleuve rend déjà difficile l’approvisionnement de dizaines de municipalités qui puisent leur eau potable dans le Saint-Laurent ou dans la rivière des Mille-Îles, notamment. Plus de 3 millions de Québécois dépendent ainsi du fleuve pour s’approvisionner en eau.

Plus l’eau est basse, moins elle est de qualité. Plus elle coûte cher à traiter. Elle devient parfois même impropre à la consommation, comme l’été dernier dans plusieurs villes de la couronne nord de Montréal, dont Laval, Rosemère et Boisbriand.

Le manque d’eau donne aussi des maux de tête aux gestionnaires du port de Montréal et aux responsables du transport dans la Voie maritime.

Tout ça ne peut qu’empirer, prévient Gail Krantzberg. Le transport par bateau coûtera de 5 % à 40 % plus cher, selon elle, parce qu’il faudra diminuer la charge des navires ou même creuser la Voie maritime, un projet controversé qui fait craindre le pire aux groupes écologistes.

Le niveau des Grands Lacs baissera sans doute pour plusieurs raisons, a expliqué la scientifique. Il fera plus chaud. Il y aura donc plus d’évaporation, surtout l’hiver. Les précipitations risquent aussi de diminuer, tant sous forme de neige que de pluie.

Source: Canoe

Note:
Le réchauffement climatique est causé par les émissions de gaz à effet de serre. Au nombre de ces gaz on compte le monoxyde de carbone produit par les automobiles. L'accord de Kyoto, auquel le Canada avait adhéré, a été conçu pour enrayer l'augmentation des gaz à effet de serre. Le gouvernement conservateur de Stephen Harper remet en question l’engagement du Canada à respecter cet accord.

15:09 Publié dans Environnement | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : actualité

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