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22 mars 2006
Le côté sombre de l'ascension de la Chine - Partie 2 de 4
Cependant, les tentacules étatiques sont enroulés de manière encore plus serrée que les chiffres ne le suggèrent. Premièrement, Beijing continue de posséder la majorité du capital. En 2003, l'état aurait contrôlé environ $1.2 trillions de capital ou près de 56 % des actifs industriels du pays. Deuxièmement, l'état demeure un état Léniniste, bien installé aux commandes de l'économie: Il n'est soit monopolistique ou un joueur dominant dans les secteurs les plus importants, incluant les services financiers, le système bancaire, les communications, l'énergie, l'acier, l'automobile, les ressources naturelles et les transports.
Il protège ses profits monopolistiques dans ces secteurs en empêchant les entreprises privées domestiques ainsi que les sociétés étrangères de pénétrer le marché (cependant, dans certains secteurs tels que l'acier, les télécoms et l'automobile, il y aurait de la compétition entre les entreprises étatiques). Troisièmement, l'état garderait un contrôle serré sur les projets d'investissement par l'intermédiaire de son pouvoir sur le crédit à long terme ainsi que sur les permis d'utilisation du territoire.
Les cycles économiques de la Chine sont donc contrôlés par Beijing. Les entreprises privées ont un accès très limité aux ressources financières ainsi qu'aux autres marchés. L'état dominerait même certains secteurs supposément dérégulés tels que le secteur des brasseurs, le secteur du commerce de détail et du textile. Des 66 détaillants ayant émis des actions, seulement un serait privé. Il n'y aurait que 40 compagnies privées sur les 1520 compagnies chinoises cotées sur les bourses domestiques et étrangères.
L'état-Parasite
Aux yeux de nombreux observateurs, la poigne de fer de Beijing sur l'économie chinoise ne fait que signifier que le processus de réforme est incomplet. Alors que la Chine continue de s'ouvrir, les observateurs prédisent que le contrÔle étatique se relâchera et que les forces du marché élimineront les industries inefficaces et nettoieront les institutions étatiques. La croyance en une libéralisation économique graduelle mais inexorable a un corollaire politique: ce dernier voulant que les forces du marché éventuellement résulteront en l'augmentation des libertés civiles et du pluralisme politique.
C'est une pensée réconfortante. Cependant, ces visions optimistes tendent à ignorer le besoin désespéré de l'état néo-Léniniste envers l'accès aux gâteries économiques. Peu de régimes autoritaires n'arrivent à maintenir leur pouvoir uniquement par la force. La plupart d'entre eux associent la coercition avec un patronage afin d'assurer le support de secteurs clés tels que la bureaucratie, l'armée et le monde des affaires. En d'autres termes, un régime autoritaire met en danger sa capacité de contrôle politique s'il adopte une libéralisation économique complète. La plupart des régimes autoritaires le savent, mais personne ne le sait mieux que Beijing.
Aujourd'hui, Beijing dirige un vaste système de patronage qui assure la loyauté des partisans et attribue des privilèges à des groupes privilégiés. Le parti communiste nommerait environ 81 pourcent des présidents d'entreprises gouvernementales et 56 % de tous les exécutifs corporatifs seniors. Les réformes corporatives implémentées depuis les années 1990 - conçues afin de transformer des entreprises étatiques en entreprises avec des actionnaires - n'auraient même pas égratigné les activités de patronage. Dans les moyennes et grandes entreprises gouvernementales (dont certaines seraient même enregistrées sur des bourses étrangères), les secrétaires du parti Communiste et les présidents des conseils d'administration sont la même personne dans environ la moitié des cas. Dans 70 % des 6275 grosses et moyennes entreprises étatiques classifiées comme "réformées" (avec un conseil d'administration, des actionnaires, etc.) en 2001, les membres du parti étaient membres du conseil de direction. En tout, 5.3 millions d'officiels du parti - environ 8 % des membres et environ 16 % des membres en zone urbaine - détenaient des positions exécutives dans des entreprises étatiques en 2003, la dernière année pour laquelle les chiffres furent publiés.
Les relations incestueuses entre l'état et l'industrie peuvent condamner les pays en voie de développement, et la Chine semble encore plus vulnérable que la plupart d'entre eux. La combinaison de régime totalitaire avec la domination économique de l'état aurait donné à une forme virulente de capitalisme sauvage, alors que l'élite au pouvoir convertit son pouvoir économique en richesse économique et privilèges au détriment de l'équité et de l'efficacité. La domination économique de l'État préserve les inefficacités économiques alors que les rares ressources sont détournées vers l'élite et les institutions bureaucratiques. La Banque Mondiale estime qu'enter 1991 et 2000, pratiquement le tiers des décisions d'investissements en Chine furent mal avisées. Les recherches de la banque centrale chinoise révèle que les prêts motivés politiquement auraient constitué près de 60 % des prêts en 2001-2002. Le problème persiste à ce jour. Les planificateurs économiques chinois auraient révélé en début 2006 que 11 industries manufacturières étaient en surproduction. Par exemple, l'industrie de l'acier, la plus grosse au monde, aurait 116 millions de tonnes (ou environ 30 %) de capacité excédentaire.
Les entreprises étatiques sont également désespérément peu rentables. En 2003, une année de boom économique, le taux de rendement médian sur les actifs était un faible 1.5 %. Plus de 35 % des entreprises étatiques perdent de l'argent et près de 1 entreprise étatique sur 6 aurait plus de dettes que d'actifs. La Chine est le seul pays de l'histoire à avoir atteint simultanément une croissance économique record et un nombre record de prêts bancaires peu rentables.
Être membre du parti communiste et avoir le sens des affaires ne semblent pas souvent aller ensemble. À cause de l'obsession du parti pour la croissance économique, les officiels gouvernementaux sont récompensés lorsqu'ils fournissent, ou sont perçus comme fournissant, des taux élevés de croissance. Cette structure de récompenses alimente une mauvaise allocation de capital à grande échelle sur des "projets-images" (tels que de nouvelles usines, des centres d'achat luxueux, des centres récréatifs et des infrastructures non-essentielles) qui garnissent les dossiers des officiels locaux et augmentent leur chance d'être promu. Le résultat de ces erreurs - des tours à bureaux rutilantes, parcs industriels, autoroutes et parcs publics - tendent à impressionner les visiteurs occidentaux, qui les voient comme étant une preuve tangible du succès économique chinois.
Partie 1 du dossier
Partie 3 du dossier
Source: foreignpolicy.com - Mars/Avril (Lien)
Source de l'image: Source de l'image: msnbcmedia.msn.com
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