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24 mars 2006
Science: Le mécanisme d'attaque de la grippe aviaire identifié
Deux groupes de recherche indépendants auraient découvert séparément pourquoi malgré le fait que le virus de la grippe aviaire H5N1 cause une pneumonie létale, il soit si difficile à transmettre. Dans le processus, ils auraient trouvé un moyen de prédire quelles mutations pourraient rendre le virus plus contagieux, et potentiellement devenir une souche causant une pandémie. À date, il y aurait eu 103 décès à cause du virus à travers le monde.
Le virus H5N1 se lierait aux sucres à la surface des cellules profondément logées dans les poumons humains, mais pas aux cellules couvrant le nez ou la gorge. C'est ce qu'auraient rapporté les deux équipes, l'une dirigée par Thijs Kuiken de l'Université Erasmus de Rotterdam et l'autre dirigée par Yoshihiro Kawaok collaborant avec les universités de Tokyo, et du Wisconsin.
Ceci correspondrait avec les autopsies qui auraient été pratiquées sur les victimes du virus H5N1, qui exhibaient des alvéoles endommagées - les petites poches situées profondément dans les poumons qui permettent à l'oxygène de pénétrer dans le sang.
La grippe se transmet typiquement par voie aérienne par l'intermédiaire du nez et de la gorge. Les deux groupes auraient conclu qu'une faible adhérence du H5N1 dans la partie élevée du système respiratoire expliquerait pourquoi le virus ne se transmettrait pas facilement - un facteur majeur qui l'empêche de se transformer en pandémie.
L'équipe du Wisconsin aurait utilisé des lectines - des molécules végétales qui se lient aux mêmes sucres complexes à la surface des cellules que les virus - afin d'identifier comment les différents types de sucres varient chez les humains. Ils auraient une lectine spécifique à la "forme 2,3" du sucre, commune chez les oiseaux - que le H5N1 semble préférer, et une autre lectine pour la "forme 2,6", plus commune chez les humains.
En examinant des tissus prélevés dans le système respiratoire humain, ils auraient découvert que les récepteurs 2,6 étaient communs dans le nez et la gorge, mais que les récepteurs 2,3 - le site favori du H5N1 - étaient communs dans les alvéoles.
Le groupe néerlandais aurait utilisé le virus H5N1 inactivé et aurait observé la même chose que le groupe du Wisconsin, avec une liaison profondément dans les poumons, mais pas au niveau du nez et de la gorge.
Les deux groupes auraient découvert ces récepteurs - ou sites d'attache pour les virus - dans les cellules appelées cellules alvéolaires de type 2. Ces cellules se divisant activement réparent et maintiennent les alvéoles pulmonaires, donc la liaison du H5N1 avec ces cellules en particulier pourrait expliquer pourquoi la pneumonie H5N1 est si sévère. Le virus pourrait également détourner plus facilement ces cellules en pleine division que les autres cellules environnantes.
L'équipe néerlandaise aurait également découvert que le virus pouvait se lier aux macrophages alvéolaires - les globules blancs qui peuvent causer une réaction immunitaire inflammatoire qui tue souvent les gens dans le cas de pneumonie.
La technique des chercheurs pourrait permettre aux scientifiques de prédire ce que le H5N1 pourrait faire dans le futur. "Nous sommes en train d'examiner les mutations qui pourraient augmenter la liaison du virus avec les cellules des voies respiratoires supérieures" déclare Kuken. Ceci pourrait permettre d'identifier les mutations à surveiller si le H5N1 continue de se répandre à travers le globe.
Ils étudieront également les autres tissus auxquels le H5N1 pourrait se lier. Des cas à date semblent suggérer qu'il puisse se lier aux intestins et au cerveau.
Source: newscientist.com (Lien)
Source de l'image: www.webzinemaker.com
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