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26 mars 2006
Argentine: Une re-nationalisation des infrastructures?
En Argentine, le président a décrété la nationalisation de la plus importante entreprise de distribution d'eau du pays.
Nestor Kirchner a rompu unilatéralement la concession détenue par la Suez des eaux.
L'entreprise française était l'actionnaire majoritaire d'Aguas Argentinas, responsable de la distribution d'eau potable pour la ville de Buenos Aires. Depuis la crise de 2002, Nestor Kirchner est à couteaux tirés avec le groupe français. Il l'a accusé de ne pas avoir respecté le contrat d'investissement pour assurer à la population de Buenos Aires une eau qui ne présente pas de risque pour la santé.
Depuis la débâcle économique, le président Kirchner a demandé aux entreprises privées qui offrent des services publics de geler leurs prix. La compagnie française se prêtait de mauvaise grâce à ces exigences. Aguas Argentinas devenait donc une affaire moins intéressante.
Même si elle avait manifesté l'intention de vendre ses actifs dans Aguas Argentinas, la Suez des eaux n'a pas accepté que le président résilie unilatéralement son contrat. Elle a donc demandé 1,7 milliard de dollars à l'Argentine en dédommagement.
Le ministère français des Affaires étrangères a déclaré qu'il souhaitait que « les instances d'arbitrage international puissent jouer tout leur rôle » dans la plainte de Suez.
Pour l'instant, rien ne semble arrêter la volonté du président Kirchner de réparer, selon lui, les pots cassés par la vague de privatisation opérée par l'ex-président Carlos Menem.
Après avoir renationalisé les postes et les télécommunications, il a finalement remis aux mains de l'État un des services les plus essentiels, l'accès à l'eau potable. Cette nationalisation est la dernière d'une vague de réappropriation des services publics par l'État.
Bechtel a également tenté l'expérience en Bolivie, et a dû retraiter à cause des vagues de protestation qui ont déstabilité le gouvernement local (Lien). Le cas bolivien était encore plus extrême dans le sens que même la pluie appartenait à la compagnie, et en conséquence quiconque collectant de l'eau de pluie devait demander un permis auprès de la multinationale.
Source: radio-canada.ca - 22 Mar. 2006
Source de l'image: gallery.hd.org
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