« Mont-Orford: SOS Parc Orford a l'appui de la population | Page d'accueil | Ottawa affiche un excédent budgétaire de 9 milliards $ après 10 mois »

27 mars 2006

Budget Québec 2006

medium_car_240306.gifLe titre aurait aussi bien pu être 3 balles, 2 prises. La journée précédent le dépôt du budget les grands quotidiens du Québec avaient tous une information privilégiée a donner sur le budget. Cette rivière d’information sur un document confidentiel avait tout de l’opération politique. L’opposition a d’ailleurs accusé le bureau du premier ministre d’avoir organisé le tout pour augmenter sa cote de popularité. Les « bonnes nouvelles » pleuvaient et le gouvernement semblait vouloir se réconcilier avec la population. Le lendemain du budget laisse plutôt un constat rempli de demi-mesures sur les bonnes nouvelles annoncées.



Transport en commun

Ce n’est plus la gratuité tel que présentée par La Presse qui a été annoncé, mais un crédit d’impôt qui devrait, selon le ministre Audet, inciter les entreprises et PME à payer les cartes d’autobus pour leurs employés.

Selon le ministère, la mesure ne devrait pas coûter très cher, puisqu’elle ne devrait profiter en bout de ligne qu’à 10 000 personnes.

Redevances sur l’eau

Le Journal de Montréal affirmait que le gouvernement s’apprêtait à demander des redevances aux entreprises qui utilisent l’eau comme matière première. Celles-ci se sont plutôt avérées être une redevances hydrauliques à verser par Hydro-Québec au fond des générations.

Les redevances sur l’eau captée au Québec devront faire l’objet d’études avant d’être mises en œuvre. Pour utiliser l'eau de nos rivières, Hydro-Québec Production devra donc verser 64 millions $ dès 2007, puis 325 millions $ l'année suivante et 535 millions $ en 2009. Au sujet de l’eau captée, le gouvernement du Québec évalue à 3,5 milliards de mètres cubes le volume d’eau prélevé dans la province chaque année. La mesure est donc diluée.

Économie et Fiscalité

Les 1 milliards de baisses d’impôt annuelle promise par Québec ne sont toujours pas au rendez-vous.

Le gouvernement Charest n'a pu baisser les impôts que de 1,4 milliard de dollars depuis son arrivée au pouvoir, au printemps 2003. Plus graves encore, les augmentations de tarif (hydro, SAAQ, Etc.) sont évaluées à 2,4 milliards de dollars au cours de la même période.

Dette

Il a été annoncé que le quatrième budget du gouvernement Charest est axé sur la réduction de la dette de 118 milliards de dollars, avec la création du Fonds des générations géré par la Caisse de dépôt et placement. L’objectif: réduire la dette à 25 % du PIB d’ici 2025.

Le ministre a plutôt présenté un savant montage financier, qui loin de réduire la dette la laissera augmenter jusqu’au 2025 pour atteindre quelque 140 milliards $ en 2025. Le ministre Audet a parlé d'un "contrôle" de la dette.

Ainsi, le budget prévoir utiliser des redevances hydrauliques payé par Hydro-Québec et les mettre dans un fond placé par la caisse de de dépôt pour générer un revenu qui pourrait produire 30 milliards de dollars d'ici 2025 et serait affecté à la dette. Pour l'instant, le gouvernement injecte seulement 74 millions dans ce fond. Une goutte d'eau dans un océan de 118 milliards.

Les réactions

Le budget Audet reçoit par ailleurs un accueil mitigé dans la plupart des milieux.

Selon le chef adéquiste, Mario Dumont, le budget Audet n'annonce qu'un « saupoudrage de mesures dont on sait déjà qu'elles n'auront aucun impact réel ni pour les gens, ni sur l'économie. » Pour M. Dumont, qui a fait de la réduction de la dette une priorité, le gouvernement Charest propose aux Québécois, « après de fausses baisses d'impôts, après de faux déficits zéro », un « faux remboursement de la dette. »

Concernant la dette, André Boisclair a baptise le Fonds des générations de « Fonds des illusions ». Il croit inutile de parler de remboursement de la dette tant que la question du déséquilibre fiscal n'aura pas été réglée.

Le président de la FTQ, Henri Massé, salue l'annonce de mesures d'aide pour l'industrie forestière, mais déplore l'absence de soutien pour le secteur manufacturier.

La Fédération canadienne de l'entreprise indépendante se réjouit de la création d'un fonds pour le remboursement de la dette, qu'il aurait par contre souhaité plus agressif. Le vice-président de l'organisme, Richard Fahey, reconnaît qu'il s'agit d'une réserve de contrôle pour l'instant, et il continue de plaider pour un véritable remboursement de la dette publique.

Pour sa part, le Collectif pour un Québec sans pauvreté reproche au gouvernement Charest de s'attaquer à la dette en continuant d'appauvrir les plus démunis.

À la suite d'un tel budget, il devient plus que probable que le ministre des Finances Audet aura à présenter un nouveau budget avant que le gouvernement Charest ne se représente devant les électeurs pour solliciter un autre mandat.

Caricature: Le Devoir

Source: PC, SRC, Canoe, Cyberprese, Le Devoir et le Journal de Montréal

Note:

Ce texte fait suite au texte précédent Budget du Québec : Trois bons coups à prévoir pour les Libéraux

09:10 Publié dans Économie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique

Ecrire un commentaire