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30 mars 2006
Sommet de la ligue Arabe: Une mer de problèmes
Les dirigeants arabes qui se rassemblent annuellement en ont déjà plein les bras des disputes du Moyen-Orient. Or, voici que la rencontre de la Ligue Arabe de cette semaine se produira au beau milieu d'une escalade des crises dans la région et de la recherche d'un consensus significatif auprès des dirigeants.
"Habituellement, il y a un ou deux problèmes dans la région qui compliquent les choses - la Palestine ou autres" aurait déclaré un officiel arabe senior. "Nous en sommes maintenant au point où nous avons à faire face à cinq gros problèmes, et nous ne savons simplement pas comment les gouvernements peuvent les résoudre. La région n'a jamais expérimenté autant de problèmes en même temps".
À part le conflit de Darfour - qui devra être discuté dans un sommet au Soudan - les gouvernements tentent de jongler avec la victoire islamiste du Hamas en Israël, la violence religieuse en Irak, la détérioration des relations entre le Liban et la Syrie, la crise nucléaire iranienne et la menace constante du terrorisme.
De nombreux problèmes sont interconnectés. Les problèmes en Iran et en Syrie compliquent les choses en Irak, Palestine et Liban - des pays où Téhéran et Damase peuvent compter sur le support de groupes radicaux.
La division grandissante entre les Sunnites et Chiites en Irak menace de se répandre aux autres parties de la région, incluant le Liban où les tensions entre les dirigeants chiites pro-Syriens et les Sunnites anti-Syriens se seraient intensifiées.
L'Irak serait également devenu une terre fertile pour une nouvelle génération de jihadistes arabes - de nombreux états craignent qu'ils ne déplacent le conflit vers leurs pays d'origine.
Personne n'a l'illusion qu'un sommet arabe puisse fournir des solutions aux problèmes grandissants de la région - il est effectivement rare que les états modérés et radicaux n'en viennent à des consensus qui survivent aux déclarations du jour. Certains problèmes sont même trop sensibles pour être discutés.
Par exemple, les gouvernements arabes sont inquiets des ambitions nucléaires de l'Iran, mais au même moment, ils hésitent à critiquer ouvertement Téhéran lorsque l'arsenal nucléaire clandestin d'Israël évite le regard des pays occidentaux.
Dès demain, le jour des élections israéliennes, la rencontre de Khartoum se concentrera principalement sur le conflit Israélo-Palestinien. Par une étrange coïncidence, les dirigeants de la Ligue Arabe se seraient rencontrés à Khartoum suite à la défaite arabe dans la guerre de 1967. Ils auraient alors formulé les fameux "trois non" - pas de paix avec Israël, pas de reconnaissance pour l'état d'Israël et aucune négociation avec Israël. Cette fois, les dirigeants arabes tentent de convaincre le Hamas d'accepter la paix, les négociations et la reconnaissance de l'état d'Israël. Les gouvernements occidentaux, qui ont averti le Hamas de réductions dans l'aide internationale, veulent que le sommet augmente la pression sur le groupe islamiste. Les diplomates arabes, cependant, déclarent que le sommet visera à poursuivre le support politique et financier de l'Autorité Palestinienne, dont le Hamas fait partie.
En même temps, le sommet réitérera l'engagement des membres de la Ligue Arabe sur l’initiative de Bérouth, qui, adoptée en 2002, appelait à établir la paix avec Israël si cette dernière se retirait des terres occupées en 1967.
Les gouvernements arabes espèrent que le Hamas respectera l'initiative comme étant un moyen de montrer son acceptation d'une solution à deux états au conflit Israélo-Palestinien et de réduire la pression internationale. Cependant, les officiels du Hamas ne semblent pas prêts à accepter le plan de paix.
La Grande-Bretagne et les États-Unis espèrent que le sommet fera la promotion d'un plus grand engagement Arabe en Irak et contrera l'influence iranienne. La Ligue Arabe planifie une deuxième conférence de réconciliation nationale, suite à la rencontre de l'année dernière au Caire des factions irakiennes. Malgré leurs efforts désespérés d'endiguer le conflit religieux qui risque d'embraser tous les voisins de l'Irak, les officiels arabes déclarent qu'il ne savent toujours pas quoi faire pour aider l'Irak.
Avec plus de problèmes qu'ils ne peuvent en gérer, les gouvernements arabes ont encouragé la Syrie et le Liban à éviter la confrontation suite à l'assassinat de Rafiq Hariri, l'ancien premier-ministre Libanais. Une enquête de l'ONU étudie toujours le rôle qu'aurait eu la Syrie dans l'assassinat, mais Damase nie être impliquée.
La crise a tendu les relations entre les factions politiques, dont certaines sont encore alliées avec la Syrie. Au cours du dernier mois, les dirigeants politiques ont tenu une conférence afin de réduire les tensions. Cependant, les discussions ont échoué à résoudre la première demande des politiciens anti-Syriens - la démission du président pro-Syrien Emile Lahoud.
Source: financial times- 26 Mar. 2006 (Lien)
Source de l'image: egypty.com
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