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06 avril 2006
La Somalie: Un autre champ de bataille entre l'Islam et les États-Unis?
Les pires combats à survenir en Somalie depuis des années suggèrent que cet état de l'est de l'Afrique pourrait devenir un nouveau champ de bataille par procuration entre les militants islamistes et les États-Unis.
Washington voit la Somalie comme un havre pour le terrorisme et supporte les seigneurs de la guerre de Mogadishu, ce qui, selon certains analystes, pourrait avoir galvanisé les Islamistes contre les deux partenaires.
Une bataille en mars aurait effectivement opposé les seigneurs de la guerre, s'autoproclamant la coalition Antiterroriste et des combattants islamistes, ces derniers supportés par d'importantes cours islamiques. Près de 90 personnes auraient été tuées dans les combats.
Une perception largement répandue voulant que les États-Unis supporte les seigneurs de la guerre avec des armes, de l'argent et des services de renseignement aurait poussé les extrémistes islamistes à initier un combat qui tua 37 personnes en février, seulement quelques heures après l'annonce de la formation de la coalition.
Ce qui en préoccupe plus d'un est que ces deux affrontements furent perçus comme un combat entre les États-Unis et l'Islam.
Le soutien américain aux seigneurs de la guerre a eu pour effet de renforcer la position des Islamistes et "incité certains éléments extrêmes à pousser le public somalien derrière eux" aurait déclaré un officiel.
Alors que les cours islamiques ne sont pas perçues comme étant extrémistes, elles ainsi que leurs supporteurs sont vus comme étant sympathiques à al Qaeda et aux combattants étrangers qui opèrent en Somalie rajoute l'officiel.
D'autres déclarent que les cours islamiques, dont les leaders ont blâmé les États-Unis d'avoir supporté des seigneurs de la guerre, veulent combattre tout mouvement qui minerait leur autorité.
Vivre dans la peur
Un autre facteur compliquant est qu'un bon nombre d'officiels à l'intérieur du gouvernement américain questionnent les priorités des États-Unis en Somalie. Certains poussent l'agenda de la lutte au terrorisme alors que d'autres tentent de promouvoir les efforts diplomatiques visant à aider la formation d'un gouvernement par intérim.
Jendayi Frazer, la diplomate en chef pour l'Afrique, ne répond pas directement aux allégations de support aux seigneurs de la guerre mais déclare que les opérations de lutte au terrorisme en l'Afrique de l'Est sont préoccupantes.
"Nous tentons de trouver des alliés, nous cherchons des gouvernements qui prendront une position agressive contre al Qaeda et les éléments terroristes" déclare Frazer.
Si la priorité de la lutte au terrorisme gagne, certains diplomates somaliens croient que le pays pourrait se transformer en région similaire à l'Irak où les militants viendrait combattre ce qu'ils perçoivent comme être la guerre de l'occident contre l'Islam.
"C'est la peur que nous avons tous" déclare un diplomate occidental.
Pratiquement tout le monde interviewé sur ce sujet l'a fait sous le couvert de l'anonymat de peur d'enflammer la situation.
La Somalie en est à sa 14ème tentative en pratiquement 15 ans d'établir un gouvernement. L'administration par intérim du président Abdullahi Yusuf commence à peine à réduire certaines des divisions qui l'ont paralysé depuis sa formation au Kenya en 2004.
Yusuf, un ancien seigneur de la guerre supporté par l'Éthiopie, est un allié des États-Unis contre le terrorisme, tout comme Addis Ababa.
Cependant, son statut d'étranger à Mogadishu a forcé les agences de renseignements occidentales à nommer des seigneurs de la guerre dans son cabinet, même si ces derniers étaient ses rivaux politiques.
Ceci aurait créé l'impression que les États-Unis sapaient son autorité, et Washington aurait eu à revoir comment elle intégrait les seigneurs de la guerre dans le gouvernement.
Du support à des meurtriers
Les résidents de Mogadishu haïssent pour la majeure partie les seigneurs de la guerre qui les ont opprimés à la pointe du fusil depuis 15 ans.
"Les Américains ont causé tous les problèmes en supportant ces meurtriers" déclare Falestin Adan, une femme de 70 ans.
Une telle perception est commune dans la ville d'un million d'habitants où les cours islamiques ont créé un semblant d'ordre depuis le renversement du dictateur Mohamed Siad Barre par un groupe de seigneurs de la guerre.
Les cours, financées par de riches hommes d'affaires, fournissent des services de santé et d'éducation, en plus de fournir une relative sécurité et justice par l'intermédiaire de cours de la Sharia dans certaines parties de la ville.
Les Somaliens eux-mêmes ne supportent pas la vision extrême de l'Islam, mais ne font pas confiance aux étrangers.
Malgré cela, l'anarchie aurait permis à un petit groupe de militants d'al-Qaeda de s'installer affirme l'International Crisis Group.
Les diplomates et les experts en sécurité déclarent que ce petit nombre est en train d'augmenter et que des camps d'entraînement ont été découverts.
Source: alertnet.org - 4 Avr. 2006 (Lien)
Source de l'image: homepage.hispeed.ch
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