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10 avril 2006

Les États-Unis envisagent l'utilisation de bunker busters atomiques contre l'Iran

medium_f-117a-bombing.jpgL'administration du président George W. Bush serait en train de planifier une intense campagne de bombardements contre l'Iran, incluant l'utilisation de bunker buster nucléaires afin de détruire les infrastructures nucléaires iraniennes aurait rapporté le New Yorker magazine dans son édition du 17 avril.

L'article par le journaliste d'investigation Seymour Hersh affirme que Bush et les autres membres de la maison blanche commenceraient à voir le président iranien Mahmoud Ahmadinejad comme un Adolf Hitler.

"C'est le nom qu'ils utilisent" rapporte le document, citant un ancien officiel senior des services de renseignement.


Un conseiller senior du Pentagone est cité dans l'article déclarant que "La maison blanche croit que le seul moyen de résoudre le problème est de changer la structure du pouvoir en Iran, et cela signifie la guerre".

L'ancien officiel des services de renseignements décrit la planification comme "énorme", "grandiose" et "opérationnelle" écrit Hersh.

Un ancien officiel de la défense aurait déclaré que la planification militaire supposait qu'une "campagne soutenue de bombardements humilierait les dirigeants religieux et pousserait le public à se soulever et à renverser le gouvernement" selon le New Yorker.

Dans les dernières semaines, le président aurait tranquillement initié une série de discussions sur les plans concernant l'Iran avec quelques membres clés du sénat et de la chambre des représentants, incluant au moins un démocrate révèle le rapport.

Une des options sur la table impliquerait l'utilisation possible de bunker buster atomiques, tels que les B61-11, afin de s'assurer de la destruction de la principale installation de centrifuges à Natanz.

Cependant, l'ancien officiel senior des services de renseignements affirme que l'attention donnée à l'option nucléaire aurait créé de sérieuses craintes à l'intérieur du département de la défense, et certains officiers auraient menacé de démissionner après qu'une tentative d'éliminer l'option nucléaire des plans de guerre contre l'Irak ait échoué révèle le rapport.

"Il y a de très fortes opinions à l'intérieur de l'armée contre le fait de brandir des armes nucléaires contre d'autres pays" aurait déclaré le conseiller du Pentagone.

Le conseiller avertit que le bombardement de l'Iran provoquerait une "réaction en chaîne" d'attaques sur les installations américaines à travers le monde et pourrait faire revivre le Hezbollah.

"Si nous entrons, la partie sud de l'Irak s'enflammera comme une chandelle" aurait révélé le conseiller au New Yorker.

** Le secrétaire aux affaires étrangères de la Grande-Bretagne aurait qualifié de "complètement folle" l'idée que des armes atomiques puissent être utilisées contre l'Iran ** (Source)

Source: AFP, news.yahoo.com, 8 Avr. 2006 the new yorker (Lien)
Source de l'image: astrosurf.org

-= Note =-
L'armée américaine planifie toujours pour pratiquement tous les scénarios, c'est leur boulot. Il y a cependant une différence entre planifier et implémenter des solutions. De plus, il y a peu de chances qu'une campagne de bombardements soit suffisante pour déraciner le programme nucléaire iranien, ceci nécessiterait probablement la présence de troupes au sol, ce qui ne pourrait pas se produire sans un retrait partiel d'Irak.

Quant à la menace d'attaques terroristes, la même chose avait été prédite dans le cas de l'attaque contre l'Irak, et rien ne s'est produit. Certes, le régime iranien est plus radical, mais les iraniens à l'étranger proviennent habituellement des classes sociales supérieures, et auraient trop à perdre en reçevant l'étiquette de terroristes, surtout qu'une grande proportion d'entre eux ne semblent pas supporter le régime religieux de l'Iran.

17:40 Publié dans Militaire , Politique | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : Information et relations internationales

Commentaires

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bonjour, je me permets de relever une petite erreur : Irak au lieu de Iran...

En ce qui concerne l'attaque au sol, les Americains ne sont pas tres loin...

Tres bien construit le blog...

A plus

© h r

Ecrit par : Chr | 11 avril 2006

Mon opinion, qui vaut ce qu'elle vaut, est au contraire que Bush est déjà entraîné par une logique de guerre qui va le mener nécessairement à bombarder Natanz avec une ogive nucléaire.
Et ce, en septembre ou octobre, juste avant les élections de mi-mandat. Il sait que si les démocrates prennent le contrôle du Congrès, il est cuit.
Il fera tout pour que cela n'arrive pas. Tout.
Mais je souhaite me tromper.

Ecrit par : Zylag | 12 avril 2006

C'est une opinion intéressante, mais je crois qu'il y a quelques facteurs à considérer:

1- Bush est effectivement dans une logique de guerre, mais il a de moins en moins de support du côté des généraux de son armée, tout le monde haït Rumsfeld et ses copains néocons au Pentagone, et les gens voient bien que l'option militaire peut mener à des problèmes comme on le voit en Irak et même en Afghanistan.

2- Les É-U ont de moins en moins de liquidités, et la guerre en Irak et Afghanistan ont hypothéqué une grande partie de la force de combat, que l'on parle d'équipements ou de personnel, cela prendra quelques années pour rebâtir la force de combat.

3- La Russie et la Chine sont (pour le moment) apparemment opposés à une attaque sur l'Iran, ce qui complique les choses au point de vue du conseil de sécurité des Nations-Unies. Dans ce cas-ci, les É-U n'arriveront pas à mobiliser une force multinationale qui paie pour la guerre, et ils seront de plus en plus marginalisés

4- La raison de l'importance du point #2 (ci-dessus) est qu'une attaque aérienne risque d'être insuffisante, et qu'une attaque au sol soit nécessaire. Une attaque au sol pourrait créer un bourbier comme l'Irak.

5- Malgré le fait que la grande majorité des pays arabes soient passifs, et qu'ils réalisent que l'Iran ne soit pas un pays Arabe, un bon nombre d'entre eux risquent de s'aliéner encore plus le support de leurs électeurs s'ils collaborent avec les États-Unis (on parle principalement du Pakistan, de l'Égypte, des pays du golfe persique, de l'Algérie et du Maroc)

6- L'utilisation d'ogives nucléaires tracerait un dangereux précédent, soit l'utilisation d'armes atomiques à des fins préventives et non pas comme une force de dissuasion, en conséquence, il est peu probable que le Pentagone ne l'approuve, même si les bunker buster atomiques B61-11 existent depuis 1995 et font partie de l'arsenal américain.

7- Il est peu probable que les démocrates saisissent le congrès ou quoi que ce soit en ce moment. Il est surprenant de voir que même si le président a un taux d'approbation d'environ 30 %, les gens ne voteraient pas démocrate pour autant, et il est un peu compréhensible qu'il en fassent ainsi: Les démocrates sont vus comme démagogues, comme des girouettes trop faibles n'ayant aucune position sur rien et n'ayant aucun chef (ou équipe politique) fort. John Kerry est fini, comme pratiquement tous les autres. Certains voient Hillary Clinton comme prochaine candidate aux élections... qu'elle se présente ou non, elle ne sera pas élue (Heeello Condi). Enfin, c'est un tout autre débat.

8- Un congrès démocrate aurait peu de marge de manoeuvre. Les démocrates ont à quelques reprises tenté faiblement de s'opposer à l'administration Bush, mais ont eu des efforts dispersés, sans force soutenue et sans conviction (ici on parle des membres du congrès qui ont toujours un pouls, qui ne sont pas en vacances ni handicapés ou trop vieux pour se préoccuper de choses comme la politique américaine). Le congrès/sénat/chambre des représentants ont réellement perdu de la crédibilité aux yeux de pratiquement tous les américains, il se comportent comme des dispendieux commis de bureaux qui approuvent les plans de la maison blanche.

Ce qui POURRAIT se produire, et je dis pourrais parce que ce scénario ne serait pas nécessairement décidé à Washington, c'est qu'Israël en aille assez des tergiversations politiques et décide d'aller en Iran toute seule. Ceci dit, le plan nécessiterait l'approbation de Washington puisque les avions F-15 avec réservoirs externes devraient survoler l'Irak (un autre chemin est peu probable). Le problème avec ce genre d'attaque est que les sites iraniens sont très dispersés (> 50 sites), et donc ceci ne constituerait plus une attaque-surprise. Oui, les Israéliens ont desl moyens techniques impressionnants, mais je ne crois pas qu'ils y arriveraient tous seuls. Ce qui risquerait d'arriver est un enragement de l'Iran, des représailles, ce qui entraînerait les Américains dans la danse.

Le programme atomique iranien ne menace pas directement Washington, mais menace le monopole nucléaire d'Israël au Moyen-Orient (ou sa stratégie d'ambiguité, peu importe).

Ecrit par : RF | 12 avril 2006

Les facteurs que vous soulevez sont bien développés. On voit que vous saisissez bien l'ensemble de la situation.
Il reste le facteur Bush, qui ne parle qu'à Dieu. Le reste de la planète n'est qu'un "focus group" pour lui.
Réellement, je souhaite que vous ayiez raison.

Ecrit par : Zylag | 12 avril 2006

En fait il y a d'autres facteurs beaucoup plus terre à terre...

De nombreux analystes craignent qu'une attaque sur l'Iran interrompe l'approvisionnement en pétrole. Non seulement la production iranienne serait stoppée (présumément), mais comme l'Iran borde le golfe persique (d'où le nom), et borde un détroit qui donne accès au Koweit, les Émirats Arabes Unis, et l'Irak, il serait possible d'envisager une interruption (du moins temporaire) du traffic maritime pour un certain temps alors que se déroulent les hostilités.

L'Iran a au moins deux sous-marins russes de classe Kilo (http://www.fas.org/irp/threat/fp/b19ch11.htm), ce qui pourrait compliquer les opérations maritimes dans le golfe persique. Bien sûr, si les États-Unis s'y mettent, les sous-marins ne survivront pas longtemps, mais c'est la durée de l'interruption de l'approvisionnement pétrolier et le risque écologique de la destruction d'infrastructures pétrolières comme des pétroliers ou des terminaus de chargement qui préoccupent. La menace de missiles sur la berge iranienne (les "nouveaux missiles" que l'Iran a exhibé récemment) est relativement mineure si une supériorité aérienne américaine peut être établie.

Pour contrer la supériorité aérienne, il y a eu des rapports de la vente de systèmes Tor-1 (antiaériens) russes à l'Iran en janvier dernier, mais ils n'ont aucune chance contre les systèmes HARM (http://www.fas.org/man/dod-101/sys/smart/docs/ntsp-Agm-88-harm.pdf) américains.

En ce moment, ça sonne étrange, mais les néoconservateurs semblent croire beaucoup plus à un soulèvement du peuple iranien contre l'autorité religieuse qu'en toute autre solution.

Enfin, nous verrons ce que l'avenir réservera.

RF

Ecrit par : RF | 13 avril 2006

Je doute d'une attaque américaine pour plusieurs raisons:

-les américains n'ont ni les moyens financiers ni les moyens humains de faire une guerre, lancer quelques missiles est faisable, mais finir la guerre qu'ils commenceront est impossible.

-Visiblement, personne ne peut dire quelle est la capacité militaire de l'Iran, sans tenir compte d'un embrasement dans toute la région. L'Iran a acqui des missiles Tor M1 et des S300, dispose d'une grosse armée qui se battera en guérilla pour contrer la suprématie aérienne Américaine, l'Iran dispose du plus gros stock de missile dans la région et n'oublions pas que les bases américaines sont à 100 km de leurs terres.

-Les USA n'auront pas l'approbation de la chine et de la russie qui ont de gros intérêts en Iran, comment convaincre la chine de laisser le contrôle du pétrole iranien à un gouvernement pro-américain. Comment convaincre la russie de choses similaires, il faudrait qu'on leur propose beaucoup, sans tenir compte de la confiance??

-Je pense que c'est une guerre psychologique menée par les Américains et Israel, les américains ont plus à perdre dans une guerre que d'accepter un Iran nucléarisé.

Disons que beaucoup de scénarios sont envisageables, mais peu sont réalistes. La communauté internationale et l'Iran céderont pour parvenir à un accord. Espérons le!

Ecrit par : jérémy | 10 mai 2006

Merci du commentaire jérémy.
Nous partageons le même avis, et je crois personnellement que le président iranien sait très bien qu'il ne sera pas attaqué. Cependant, ce qui est préoccupant, c'est la présence de faucons au sein du gouvernement israélien, dont certains ont juré d'empêcher par tous les moyens l'Iran d'obtenir l'arme atomique.

Une attaque israélienne aurait une efficacité limitée, mais aurait l'effet de mettre le feu aux poudres, et c'est probablement le scénario le plus probable.

RF

Ecrit par : RF | 11 mai 2006

Il est vrai RF qu'il est difficile de quantifier l'illogisme, les faucons en Israél ne veulent d'une puissance nucléaire qui obtiendrait un poids régional équivalent. Mais tout le monde sait que l'IRAN ne tirera pas sur Israél si elle possédait le bombe car ça signifierait une auto destruction mutuelle, partant du principe qu'Israel à la possibilité d'une deuxième frappe.
En raisonnant par l'absurde on peut écarter le risque de guerre nucléaire et essayer de déterminer le risque réel d'un Iran nucléaire afin de comprendre tous les mécanismes:

- le développement du nucléaire les mettrait à l'abri d'une attque extérieure.

- le nucléaire civil leur donnerait un avantage économique en vendant leurs hydrocarbures liquides et gazeux à prix fort (le nucléire pour l'élec est plus rentable pour l'Iran qui exporte à 70$/bbl) et par la suite pouvoir plus facilementstopper leurs exportations si il le fallait,

- l'Iran ne pourrait être renversé par les américains et perdre leur autonomie en matière de contrôle de leurs ressources énergétiques,

- l'Iran pourrait presser les discussions pour le règlement du conflit Israélo-palestinien,

- l'Iran pourrait être la raison officielle pour que d'autres pays fassent pareil,

- cette crise risque de démontrer la faiblesse des américains, de l'AIEA et de l'ONU,

- l'Iran pourrait exporter le nucléaire civil à d'autres pays ( à la place des usa, france etc...)

Je pense qu'il y a d'autres raisons mais cella là suffisent à démontrer que les raisons sont économiques et donc qu'il couterait plus cher aux américains, qui iront seuls, d'agresser l'Iran plutôt que de rétablir des relation diplomatiques avec cette dernière.

Israél peut lancer une offensive réduite, mais elle ne serait pas efficace et risque de déchainer l'IRAN et le Hezbollah. Militairement la distance est trop longue, les cibles trop enterrées et dipersées, pour réussir avec leur moyen réduit. De plus le monde arabe n'acceptera pas et le sentiment nationaliste risque de trouver une nouveau leader en Amadinejhad.

Je suis ouvert sur le débat.

Ecrit par : jérémy | 11 mai 2006

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