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10 avril 2006
Québec: Michel Tremblay émet des réserves sur le projet souverainiste
Voici une réflexion intéressante sur la souveraineté du Québec...et la façon dont elle est rapporté dans les médias.
L'auteur et dramaturge Michel Tremblay serait moins chaud à l'idée de la souveraineté du Québec. À la suite d'une entrevue avec la Presse canadienne, M. Tremblay a dit ne plus être capable de s'identifier à un projet dont la principale justification est devenue économique.
M. Tremblay a expliqué qu'il était devenu souverainiste, à l'époque, parce qu'il estimait que le Québec se devait de prendre sa place et d'être reconnu au sein du continent : «Quand on a commencé à vouloir un pays, l'économique était moins important que l'orgueil d'être les représentants de la francophonie en Amérique du Nord. Ce qui m'a mené à devenir souverainniste à l'époque, c'était le fait de dire : on est français, on est assez forts, on est à peu près tous au même endroit, faisons un pays.»
Il déplore le fait qu'aujourd'hui tout soit ramené à des questions d'argent : «Maintenant, quand on veut faire un pays, on est obligé d'aller rassurer les Américains pour leur dire que ça ne changera rien pour eux.»
Lorsqu'on lui demande s'il croit toujours à la souveraineté, le dramaturge lance cette réponse : «Non. C'était un beau rêve et il ne faut pas rire de ses rêves, mais tant et aussi longtemps que l'économie sera placée en première place, on ne fera jamais la souveraineté.»
L'ominiprésence de l'économie dans les discours le détourne du projet
Cette question de l'omniprésence de l'économie transcende d'ailleurs le seul enjeu de la souveraineté. Pour Michel Tremblay, la société québécoise est en train d'y perdre son âme : «Comme Toronto, on est en train de découvrir l'argent, l'argent à tout prix. Il faut arrêter de penser à l'argent et penser à notre mieux-être autre que le mieux-être du confort matériel. Évidemment, c'est facile pour moi de dire cela puisque je suis multimillionnaire !» lance-t-il en riant. Puis, redevenant sérieux, il ajoute : «Il faut bâtir une société dont le centre sera autre chose que la maudite économie.»
Pourtant, il applaudit la nomination du nouveau chef du Parti Québécois
Cela ne l'empêche toutefois pas d'applaudir à l'arrivée d'André Boisclair à la tête du Parti québécois : «C'est un signe des temps assez formidable, assez merveilleux [...] que la majorité puisse accepter la possibilité qu'un premier ministre soit homosexuel. Je ne dis pas cela en tant qu'homosexuel, mais bien en tant que personne avec une ouverture d'esprit assez large. C'est un signe d'intelligence et d'ouverture d'esprit.»
Selon lui, le Québec est l'une des sociétés qui ont évolué le plus vite au monde depuis l'époque où il est devenu l'un des premiers endroits sur la planète à s'être débarrassés de la domination de l'Église catholique sans révolution et sans guerre.
Michel Tremblay corrige les propos rapporté par la Presse Canadien
« Il m’a dit : « Je suis toujours souverainiste mais, cependant, je questionne une certaine orientation » », a ajouté Gilles Duceppe. Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a parlé au dramaturge Michel Tremblay ce matin et ce dernier lui a affirmé qu’il n’a pas renoncé à la souveraineté du Québec.
« J’ai parlé à Michel Tremblay ce matin. Michel Tremblay m’a dit qu’il était toujours souverainiste et qu’il avait cependant des questions sur l’orientation du mouvement souverainiste, a déclaré M. Duceppe à l’occasion d’une conférence de presse. Je lui ai dit que je lui envoyais le document du Bloc Imaginez le Québec souverain dans lequel on touche plus qu’à l’économie. »
Gilles Duceppe a affirmé qu’il ne voyait aucun signe de désaffection dans les propos de M. Tremblay sinon le fait que « des gens veulent avoir un débat ». « Mais comme m’a dit Michel Tremblay, a précisé le chef bloquiste, ce n’est pas lui qui est responsable des titres dans les journaux. »
Michel Tremblay a affirmé en fin de semaine dans une entrevue à la Presse Canadienne qu’il n’arrivait plus à s’identifier à un projet, celui de la souveraineté, dont la principale justification était devenue économique.
Source: PC, Le Devoir et La Presse.
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