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15 avril 2006
À Ramadi, les insurgés développement de nouvelles tactiques
Ramadi, Irak, le long d'une sinistre route ravagée par les combats dans un environnement démoli par la guerre, un mannequin avec des cheveux noirs peints observe silencieusement les marines américains terrés dans leurs postes d'observation situés sur le toit de vieilles structures à quelques blocs de là.
Il s'agit de la dernière ruse rebelle dans une guerre impliquant l'armée la plus puissante du monde contre des guérilleros utilisant l'arme la plus efficace: l'ingéniosité.
Les insurgés de Ramadi ont récemment fait voler des cerf-volants au-dessus des troupes américaines afin d'aligner leurs mortiers, relâché des pigeons afin de signaler les mouvements des troupes américaines et organisé des attaques à l'aide de fausses processions funéraires complètes avec des cercueils remplis de roquettes.
"Ils sont malins, il faut leur accorder cela" déclare le caporal John Strobridge, alors que son Humvee dépasse le mannequin le long d'une des routes les plus infestées de bombes de la ville, une route que les Américains ont nommée route Michigan.
"Tire dessus! Tire dessus! Cria t-il au conducteur alors que le véhicule traversait une intersection où les troupes ont souvent fait l'objet d'attaques.
Le mannequin apparut il y a quelques semaines dans la cour d'une école secondaire voisinant un édifice effondré. Le simple mannequin apparaît être fait de bois, avec une chemise blanche et des pantalons bleus peints. Deux bras blancs pendent sur les côtés, transportant une valise.
"Nous rions de lui. Nous ne savons pas pourquoi ils font cela" déclare Strobridge. "Mais je crois que l'idée est de nous habituer à voir le mannequin, et un jour, il y aura une vraie personne se tenant là - avec un AK-47 ou un lance-roquettes".
Les marines affirment qu'il ne sert à rien de le démanteler. La route est trop dangereuse, et des sites aussi étranges sont souvent minés. Au pied d'un lampadaire près d'un autre mannequin ailleurs dans la ville, une ration alimentaire américaine cachait une bombe.
Un officier des services de renseignement des marines, sous le couvert de l'anonymat affirme que les insurgés ont souvent placé des mannequins minés le long des routes, espérant que les forces américaines croient qu'ils soient des cadavres et arrêteraient pour les identifier. Il affirme que le même truc a été utilisé sur des vrais cadavres.
Il y a quelques semaines, les marines ont trouvé une jambe humaine sur la route, avec une bombe activée par la pression configurée pour exploser lorsqu'elle serait ramassée.
"L'ennemi essaiera toujours des nouvelles choses pour nous faire mordre. Ils sont très malins" affirme le capitaine Andrew Del Gaudio, le commandant de la compagnie Kilo, troisième bataillon, 8ème régiment des marines. M. Del Gaudio aurait accordé son entrevue au Centre du Gouvernement, une forteresse protégée par des sacs de sable et recouverte par des filets de camouflage et qui sert de quartier général au gouvernement provincial.
"Ils restent là et nous observent, et nous observent pendant des semaines afin de voir comment nous opérons, et comment nous réagissons dans différentes situations" déclare Del Gaudio. "Ils essaient toujours de placer des obstacles sur notre chemin".
L'armée américaine utilise un énorme éventail de tactiques afin de combattre les insurgés, de manière offensive et défensive, mais la plupart d'entre elles sont secrètes.
Les marines basés au centre du gouvernement, qui subit une attaque soutenue pendant deux heures par des douzaines de rebelles la semaine précédente, affirment que les insurgés rampent souvent dans les édifices démolis entourant le centre, entreposant des munitions pour la prochaine attaque.
Quelquefois, les insurgés ponteront des lampes de poche à forte puissance aux postes d'observation américains afin d'aveugler leurs lunettes de vision de nuit. Certains rebelles auraient été observés en train de ramper lentement, tentant de poser des bombes. Un d'entre eux aurait été détecté tentant de se déplacer sournoisement avec une vache afin d'éviter d'être aperçu par les équipements de vision thermale.
Les snipers insurgés - se cachant dans les grands édifices - sont une menace constante. Un d'entre eux aurait été localisé - et tué - observant une position américaine avec des jumelles à travers un trou dans un mur où une seule brique avait soigneusement été enlevée d'en dessous d'une fenêtre.
La plus grande menace demeure les bombes improvisées le long des routes - dissimulées dans les déchets, nids de poule ou dans des carcasses d'animaux.
Les forces américaines nettoient souvent les routes des bombes, et les insurgés tentent quelquefois de les enlever, puis de les remplacer. Une autre tactique consiste à déposer un tas de déchets le long de la route une journée, installer des explosifs le lendemain, puis l'armer le surlendemain et le faire exploser à l'aide de téléphones sans fil.
Les officiels des marines affirment également que les guérilleros font également voler des cerf-volants afin de signaler aux autres combattants où les soldats américains se situent et aider à guider les obus de mortier. Del Gaudio affirme également que les insurgés auraient relâché des bandes de pigeons lors du passage de patrouilles américaines ou irakiennes afin de signaler leur passage.
Carlos Goetz affirme que les insurgés ont également utilisé les haut-parleurs des mosquées afin de signaler des attaques imminentes.
"Ils vont faire un appel pour une campagne de don de sang à l'hôpital ou dire qu'il y aura une procession funéraire et sept fois sur dix, c'est un code pour une attaque" déclare Goetz.
Ceci s'avéra vrai la semaine dernière, lors de l'assaut sur le centre du gouvernement - deux mortiers, deux roquettes RPG et le feu nourri de mitraillettes auraient été précédées par l'annonce d'une procession funéraire par les minarets.
Goetz affirme que les insurgés de Ramadi ont déjà organisé des processions funéraires complètes, transportant un cercueil à travers la ville. Ils auraient ensuite déposé le cercueil derrière un mur, puis sorti une quantité impressionnante de fusils d'assaut et de lance-roquettes et auraient attaqué des positions américaines.
"En termes de puissance de feu, ils n'ont aucune chance contre nous, mais c'est la nature et la beauté d'un mouvement rebelle - ils capitalisent sur leurs forces et nos faiblesses" déclare Del Gaudio.
Les insurgés de Ramadi ont détruit les tours de communication cellulaire et les systèmes téléphoniques traditionnels, empêchant les résidents d'informer les forces américaines et irakiennes des activités insurgées. Les gens sympathiques aux Américains et aux forces irakiennes sont particulièrement ciblés par les insurgés, qui ont émis des avertissements avec de la peinture noire sur les murs de la ville, déclarant que les collaborateurs seront tués.
Del Gaudio affirme que cette semaine il avait été la cible de tirs par une douzaine d'insurgés qui utilisaient des enfants comme boucliers humains - sachant très bien que les marines ne puissent répondre. Goetz affirme que des enfants de 12 ou 13 ans avaient été surpris en train d'installer des bombes artisanales le long des routes.
Ils combattent férocement et ils sont déterminés" affirme Del Gaudio. "Il n'y a pas de moralité ici. Ils se cachent au milieu de la population, au milieu de familles, de femmes et d'enfants. C'est comment ils combattent. C'est ce qui leur permet de faire ce qu'ils font".
Source: news.yahoo.com - 9 Avr. 2006 (Lien)
Source de l'image: www.snipingoperationsexecutive.org
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