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17 avril 2006
Rumsfeld: Contesté par des généraux américains
Des militaires réclament le départ du secrétaire à la Défense et déstabilisent l'administration Bush.
La Maison Blanche s'enfonce dans un nouveau conflit. Celui qui l'oppose à plusieurs généraux à la retraite qui réclament à longueur d'interviews télévisées ou de déclarations dans la presse la démission du secrétaire à la Défense, Donald Rumsfeld (Libération, 15-16 avril). Les six frondeurs ont reçu samedi le renfort de l'ancien commandant en chef de l'Otan à l'époque de la guerre du Kosovo, le général Wesley Clark, également candidat aux primaires démocrates de 2004. A son tour, il a accusé le ministre d'arrogance et lui a reproché d'ignorer l'avis des stratèges présents sur place.
Principal reproche des ex-généraux : Rumsfeld aurait ignoré les conseils des militaires sur le terrain. Les opérations en Irak auraient été dirigées avec «la désinvolture et la vantardise qui sont le domaine particulier de ceux qui n'ont jamais eu à exécuter ces missions», a ainsi écrit dans Time, la semaine passée, Gregory Newbold, ex-directeur des opérations au Comité des chefs d'états-majors interarmes de 2000 à 2002.
Selon l'éditorialiste du Washington Post, David Ignatius, il n'y a pas de doute que les généraux «expriment le point de vue de centaines d'autres officiers toujours dans l'armée».
La contre-attaque de l'administration Bush montre le sérieux avec lequel elle prend ces appels à la démission. Rumsfeld est certes un habitué des critiques. C'est néanmoins la première fois que d'anciens généraux, pour certains impliqués dans les opérations en Irak, le critiquent à visage découvert. «Je ne pense pas que ce soit le rôle des militaires, qu'ils soient en uniforme ou à la retraite, de formuler de tels jugements», a estimé Richard Myers. «C'est leur responsabilité», a répliqué Wesley Clark.
Ce que craint par-dessus tout l'administration Bush, c'est l'impact des frondeurs à l'approche du scrutin parlementaire de novembre. La situation en Irak continue de faire plonger les sondages.
Samedi, Christopher Shays, un représentant républicain du Connecticut, a affirmé que la démission de Rumsfeld pourrait favoriser sa réélection. «Est-ce que je pense que quelqu'un d'autre ferait un meilleur travail, et si quelqu'un faisait un meilleur travail, est-ce que ça m'aiderait ? Sans aucun doute.»
Bush fait donc face à un dilemme : son électorat attend des changements visibles dans la conduite de la guerre, mais se séparer aujourd'hui de Donald Rumsfeld serait considéré comme un aveu d'échec.
Rumsfeld réplique calmement
Le secrétaire américain à la Défense Donald Rumsfeld a résisté lundi aux appels à la démission par des généraux à la retraite jugeant que l'effervescence médiatique autour de cette révolte «passera».
«Cela, aussi, passera», a déclaré M. Rumsfeld à l'animateur de radio conservateur Rush Limbaugh, qui lui demandait ce qu'il ressentait d'être passé du statut de sex-symbol à la situation où «pratiquement l'ensemble des médias lui tombent dessus à propos des six généraux qui demandent (son) départ».
«Plus la critique est féroce, plus la défense se renforce de la part de gens qui ne sont pas d'accord», a ajouté le secrétaire à la Défense, qui s'est dit heureux du soutien apporté par d'autres généraux à la retraite.
Il a dit qu'il savait pas pourquoi il était attaqué ainsi : «Je ne peux pas aller dans l'esprit des gens».
Bush écourte ses vacances et défend Rumsfeld
Depuis vendredi, l'administration Bush se mobilise sur plusieurs fronts pour limiter la portée de l'insurrection. C'est d'abord le Président lui-même qui a bousculé ses vacances pascales dans sa résidence de Camp David pour publier un communiqué de soutien à son protégé : «La direction énergique et ferme du secrétaire Rumsfeld est exactement ce dont nous avons besoin en cette période critique.» Parallèlement, le Pentagone a battu vendredi le rappel des responsables militaires et civils considérés comme stratégiques pour faire passer ses messages. Le ministère leur a envoyé un bref e-mail affirmant, selon des extraits cités hier par le New York Times, que les hauts gradés «sont impliqués à un niveau sans précédent dans chaque processus de décision du département de la défense». Enfin, des hommes en uniforme sont apparus sur les plateaux de télévision pour tenter de montrer que la fronde anti-Rumsfeld est limitée à quelques retraités grincheux.
Le pentagone aussi sort l'artillerie
Selon un porte-parole du Pentagone, Donald Rumsfeld rencontrera mardi un groupe d'analystes influents pour discuter de l'Irak, une rencontre qui apparaît comme une opération de relations publiques pour contrer la vague de critiques.
Le Pentagone a envoyé vendredi une note à ces analystes dans laquelle il réfute les critiques émises à l'encontre du secrétaire à la Défense. Ces analystes sont pour beaucoup des généraux à la retraite qui travaillent aujourd'hui comme commentateurs pour des chaînes de télévision américaines.
Le porte-parole de la Maison-Blanche, Scott McClellan a rappelé lundi le soutien appuyé apporté vendredi par le président George W. Bush à M. Rumsfeld.
Interrogé sur Fox News, l'ancien président du Comité des chefs d'états-majors interarmes, Richard Myers, à la retraite depuis l'an passé, a déclaré qu'il n'avait «jamais entendu» de tels reproches pendant ses quatre ans à ce poste, le plus élevé dans la hiérarchie militaire. Selon lui, Rumsfeld paie sa volonté d'avoir voulu secouer le Pentagone pour en faire une organisation plus flexible.
Source: Le monde, Libération, Cyberpresse.
21:25 Publié dans Militaire | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Information et relations internationales
Commentaires
Merci pour l'info
Ecrit par : papillon | 21 avril 2006


