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22 avril 2006

Dossier pétrole: Une situation apparemment incompréhensible? [Partie 2]

medium_oil_drop.jpgVoici un article inspiré du Globe and Mail, un journal Canadien. Blâmez l'Iran. Ou si vous préférez pointez George W Bush du doigt, les environnementalistes, l'ouragan Katrina, les compagnies pétrolières ou les spéculateurs boursiers - peu importe qui ils soient.

Les automobilistes trouveront de nombreux coupables, réels ou imaginaires de l'augmentation du prix du pétrole. Mail il y a également beaucoup de pétrole et d'essence. Contrairement aux chocs pétroliers des années 1970, il n'y a pas de files d'attente aux stations-service, pas d'embargos, pas de pénuries pour expliquer le fait que le prix du pétrole brut ait fracassé d'autres records en touchant $72.17 le baril.


Alors que les inventaires de pétrole américain aient diminué d'environ 800 000 barils la semaine dernière, ils sont encore élevés selon le département d'économie de la Banque Toronto-Dominion. L'approvisionnement en essence n'est pas aussi sain, mais il se maintient près de la moyenne des cinq dernières années.

Mais voilà que le prix à la pompe, qui mardi était de $1.079 (dollars canadiens) le litre est environ 20 pourcent plus élevé qu'il ne l'était l'an dernier à cette période, et s'approchant des $1.26 le litre qui a été atteint lorsque Katrina a ravagé la côte du Golfe du Mexique.

Que s'est-il passé avec l'offre et la demande?

"Ce que nous avons remarqué au cours des trois dernières années est que les anciennes relations entre l'offre, la demande, les inventaires et le prix ne fonctionnent plus"
déclare Henry Cohen, un analyste pétrolier et président de la compagnie Full Cycle Energy Investment Management Ltd, une firme de gestion de portefeuilles d'investissement.

La cause immédiate du choc que les gens ont ressenti est l'augmentation rapide du prix du pétrole, passant d'environ $60 le baril à la mi-Mars à plus de $70 le baril en Avril. Chaque augmentation de $10 le baril ajoute entre 7 et 8 sous par litre d'essence selon MJ Ervin & Associates Inc., une entreprise qui étudie le prix de l'énergie.

Une grande partie de l'augmentation aurait été blâmée sur la peur d'une confrontation entre les États-Unis et l'Iran sur la question nucléaire de l'état perse. L'iran produit environ 5.5 millions de barils par jour - approximativement 6.5 % de la production mondiale.

"Le monde ne pourrait pas absorber la perte de production venant d'Iran. Si cela survenait... personne ne sait. C'est simplement qu'il n'y a plus de jeu dans le système, plus de production excédentaire". affirme M. Cohen.

Mais à date, le conflit iranien s'est limité à un affrontement verbal, et il n'y a aucun signe que l'Iran fermerait les vannes. Les courtiers pétroliers de New York, Londres et Calgary pourraient avoir autant d'impact sur le coût grandissant de l'énergie que les Mollahs de Téhéran.

Les investissements dans le pétrole ont été tellement lucratifs qu'ils ont attiré des milliards de dollars d'investissements venant d'investisseurs novices et expérimentés, faisant grimper le prix de l'énergie. Ce mois-ci, une firme de gestion de portefeuille a lancé un fond mutuelle exclusivement basé sur la spéculation pétrolière.

Le fonds est échangé sur la bourse américaine, permettant à quiconque ayant quelques centaines de dollars et un compte d'investissement de spéculer directement sur le pétrole via l'Internet.

"C'est de l'argent qui pourrait s'envoler rapidement" déclare Derek Burleton, un économiste senior à la banque TD. Mais il me semblerait que personne ne sache combien d'argent spéculatif est injecté sur le marché pétrolier, ni quand le phénomène cessera. Barclays Capital, une unité de Barclays PLC, a estimé que les gestionnaires de portefeuille gèrent entre $100 et $120 milliards en investissements en marchandises (pétrole, argent, cuivre, etc), plus du double des niveaux enregistrés il y a trois ans. Cet estimé pourrait être très conservateur.

"Il n'y a aucun doute qu'il y a des centaines de milliards de dollars" investis dans des actifs reliés au pétrole déclre M. Cohen. "Vous ne pouvez pas avoir des centaines de milliards de dollars qui changent de main sans avoir d'effet sur le prix". Pour les conducteurs, il y a de l'espoir à l'horizon. Au moins une partie de l'augmentation est due à des facteurs temporaires.

Les inventaires d'essence américains auraient chuté d'environ 5.45 millions de barils la semaine dernière selon le département américain de l'énergie. Mais ceci ne serait pas dû au fait que les américains conduisent plus. L'effet serait dû à la perte de 14 % de la capacité de raffinage américaine toujours hors-ligne suite à l'ouragan Katrina.

Ce problème, additionné à des changements dans les lois environnementales américaines qui forcent les pétrolières à cesser l'utilisation du methul tert-butyl ether ou MTBE, un attitif qui augmente l'indice d'octane de l'essence, mais qui pollue l'eau souterraine.

Les pétrolières de la côte est des États-Unis et du Texas sont en train de migrer du MTBE à l'éthanol ce printemps, mais il y a des préoccupations que cette transition se fasse brutalement et que la production d'essence en souffre déclare M. Kelly.

En conséquence, les grossistes en essence - ceux qui alimentent les stations service - paient plus cher pour l'essence, juste pour s'assurer qu'ils en auront assez pour répondre à la demande de leur clients s'il y a un problème d'approvisionnement. C'est ce qu'affirme Cathy Hay, une associée pour MJ Ervin qui croit que ce problème d'approvisionnement n'est que temporaire.

"Nous voyons souvent les prix se stabiliser au cours de l'été" déclare t-elle.

M. Burleton ed la banque TD croit que des prix plus bas s'en viennent. La banque prédit une baisse de 20 % du prix de l'essence vers la fin de l'année.

Une chose qui n'a pas changé à cause du prix de l'essence est la consommation. Statistiques Canada affirme que la consommation d'essence au Canada était "essentiellement stable" comparativement à l'année dernière, ce qui surprend des gens tels que Bill Wheeler. M. Wheeler est gestionnaire d'une firme d'investissements et aurait vendu un grand nombre d'actions dans des firmes pétrolières pensant que le prix du brut chuterait.

À date, ceci s'est avéré un mauvais choix, mais il croit qu'il aura raison lorsque les consommateurs décideront de moins conduire ou choisiront des véhicules plus économiques.

Source: Theglobeandmail - 20 Avr. 2006
Source de l'image: 4to40.com

-= Note =-

Voici qui est intéressant: la loi de l'offre et de la demande ne fonctionne plus? Mais qui donc dit cela? Elle fonctionne très bien. La demande se porte à merveille et l'offre peine à suffire, le résultat est une augmentation des prix. Qu'y a t-il de si compliqué?

Il est certain qu'il y a une prime à cause des tensions géopolitiques avec l'Iran, c'est une prime d'environ $2-3 le baril, il y a d'autres tensions comme avec le Vénézuéla, en Irak, en Russie, en Indonésie, au Nigéria, etc. Il faut également prendre en compte que de nombreuses plateformes pétrolières dans le golfe du mexique ne seront pas réhabilitées (Lien). On doit également être conscient que la spéculation joue un rôle, mais le réel problème selon de nombreux analystes est l'approvisionnement. Si la production mondiale a plafonné et a atteint un plateau, ceci expliquerait de nombreux chiffres (voir les articles d'Echo-Actu: (Lien), (Lien), (Lien)).

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