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21 avril 2006

La bataille pour sauver le Mont-Orford est encore loin d'être terminée

Dans une lettre ouverte obtenue par Le Devoir, huit ex-directeurs de parcs nationaux du Québec ont demander au premier ministre Jean Charest ce matin d'épargner le mont Orford et d'amorcer rapidement une recherche de solutions plus rationnelles, plus consensuelles et moins radicales pour la survie de ses écosystèmes et de la station de ski. Les signataires estiment que la recherche de solutions a été bâclée et qu'il faut revoir les plans pour préserver les écosystèmes.

Cette lettre ouverte est signée par huit ex-gestionnaires qui totalisent ensemble 100 ans d'expérience à la direction de l'un ou l'autre des parcs nationaux du Québec.



100 ans d'expérience

Cette montagne, donnent-ils en exemple, pourrait être développée dans un contexte de conservation qui la rendrait vraiment différente des stations hypercommerciales en voie de devenir le standard privé au Québec.

Trois solutions, à leur avis, s'offrent au gouvernement pour remettre le dossier sur les rails. D'abord, écrivent-ils, il faut «surseoir à son intention d'offrir en vente une partie substantielle du territoire du parc». Ensuite, Québec doit «reprendre à la base le processus de discussion publique», non pas pour vendre une solution arrêtée à l'avance mais pour rechercher une solution compatible avec le statut de parc, les exigences de rentabilité et la concertation avec le milieu. Enfin, Québec doit réaffirmer et appliquer sa loi sur les parcs et même soumettre régulièrement leurs plans directeurs à une consultation publique placée sous une autorité indépendante comme le BAPE.

«Si aucun promoteur privé n'est en mesure d'exploiter une station de ski de manière rentable dans le cadre d'un parc national dont il y a lieu de maintenir l'intégrité territoriale, il faudra analyser en toute transparence des alternatives possibles avec d'autres partenaires tels que des organismes sans but lucratif ou coopératifs».

«La responsabilité vous incombe, M. le premier ministre, de ne pas être celui qui mettra fin à la reconnaissance de territoires que nous avons voulu collectivement protéger depuis plus de cent ans d'histoire des parcs au Québec. »

Les huit ex-directeurs de parcs nationaux sont l'auteur de la missive, Jean Hubert (Boucherville, Saint-Bruno et Yamaska), Jean-Marc Girard (Oka et Orford), Jacques Bertrand (Gaspésie et Saguenay), Denis Perron (Orford), Claude Fleury (Oka, Tremblant, Boucherville, Saint-Bruno et Yamaska), Jean Renaud (Saint-Bruno et Yamaska) et Raymond Grenon (Oka).

SOS Mont-Orford

Selon eux, les problèmes de financement d'une station de ski ne peuvent justifier la privatisation partielle d'un parc au profit d'un promoteur immobilier. Ils vont même jusqu'à affirmer que les libéraux brisent un pacte social, politique et historique en permettant de privatiser une partie du mont Orford. Ils craignent que ce projet ne crée un précédent.

Par ailleurs, contrairement à ce qu'affirmait le ministre du Développement durable, Claude Béchard, la Coalition SOS Parc Orford n'a pas l'intention de le rencontrer. Les responsables de la coalition ont indiqué qu'ils ne pouvaient rencontrer le ministre pour discuter de la loi spéciale qui a pour but de privatiser et de démanteler une partie du parc. « Nous ne pouvons accepter puisque c'est contraire au mandat d'assurer le maintien des activités récréatives et de préservations du parc », a souligné Suzanne Comtois, porte-parole de l'organisme.
La coalition est toutefois prête à rencontrer M. Béchard pour discuter d'une solution qui préserve l'intégrité du parc et qui respecte la Loi sur les parcs.

SOS Parc Orford a aussi indiqué qu'elle envisageait d'entreprendre des recours juridiques si le gouvernement ne renonçait pas à son projet. Elle aimerait également être entendue en commission parlementaire.

L'organisation a appelé les gens à venir manifester samedi prochain à Montréal pour dénoncer le projet du gouvernement Charest et à signer sa pétition en ligne.

La Fondation David Suzuki s'en mêle

La prestigieuse Fondation David Suzuki tire également la sonnette d'alarme pour dénoncer le projet de privatisation de la station de ski et du golf.

«Si le gouvernement permet la vente et le développement immobilier, le parc du Mont-Orford va devenir un parc uniquement sur papier. Il sera dénaturé de sa vocation même qui est de protéger la faune et la flore», a indiqué hier au Journal le directeur des sciences de la Fondation, le Dr Faisal Moola.

«Le Québec est une des provinces qui a le plus petit pourcentage de territoires protégés. Cette statistique rend encore moins acceptable le projet. Ça donne une raison de plus pour s'assurer de protéger la montagne et son parc», ajoute M. Moola.

Il poursuit en ajoutant que les condominiums sur le site auront inévitablement des effets négatifs sur l'écologie. «Il y aura plus de routes et plus de trafic; on aura besoin de creuser pour installer des égouts; il y aura plus de déchets, etc.

Et aucune de ces pratiques n'est acceptable dans un parc national. Ça crée un précédent inquiétant.

Source: SRC, Canoe et Le Devoir

12:10 Publié dans Environnement | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : actualité

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