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29 avril 2006
Un "Guantanamo du Nord" au Canada?
On peut se demander si le premier Ministre Stephen Harper ne serait pas en train d'imiter le président américain George Bush. Après la publication de nouvelles rapportant qu'il ait interdit la publication d'images montrant le rapatriement de soldats morts en Afghanistan, voici qu'un entend maintenant que des arrestations et détentions sans accusations ont maintenant lieu au Canada.
Voici un rapport par le quotidien "La Presse" du Québec:
Affirmant vouloir leur procurer de meilleurs services, l'Agence des services frontaliers du Canada a transféré lundi quatre hommes visés par un certificat de sécurité dans une aile isolée du pénitencier de Kingston.
Indignée par l'ouverture de cette aile spéciale, une coalition d'organismes opposés aux certificats de sécurité qualifie l'endroit de «Guantanamo du Nord», en référence à la prison américaine à ciel ouvert située à Cuba, où sont détenus plusieurs centaines de «combattants illégaux».
«C'est un précédent très inquiétant. En regroupant pour la première fois les personnes visées par un certificat de sécurité en un même endroit, le Canada laisse planer une utilisation encore plus grande de la détention arbitraire», dénonce Mary Foster, de la Coalition Justice pour Adil Charkaoui.
Très controversés, les certificats de sécurité permettent au gouvernement de détenir pour une durée indéterminée et sans déposer d'accusations formelles des résidants permanents soupçonnés d'appartenir à des organisations terroristes. Six individus sont actuellement visés par cette mesure, dont le Montréalais Adil Charkaoui, qui a recouvré une liberté partielle et surveillée après avoir passé 21 mois en cellule.
Six cellules spéciales
Même si la Cour suprême doit se pencher sur la constitutionnalité de ces certificats à la mi-juin, le gouvernement libéral a décidé avant les élections de créer ce «Centre de surveillance» spécial, situé à l'intérieur du pénitencier à sécurité maximale Millhaven, près de Kingston.
Six cellules y ont été aménagées. «Nous y avons transféré (les quatre détenus) pour pouvoir leur donner un meilleur service, a expliqué hier Cara Trest, porte-parole de l'Agence des services frontaliers. Ils ont accès à des services médicaux et dentaires, à la vidéoconférence, au téléphone et peuvent sortir dans une cour surveillée. Ils ont aussi accès à une pièce pour accueillir de la visite.»
Pour Adil Charkaoui, ce centre de détention n'en est pas moins une aberration. «Au début, lorsque j'ai entendu parler de l'intention du gouvernement d'y transférer les détenus, j'ai cru que c'était plutôt une bonne idée. J'ai passé près de deux ans dans une cellule de deux mètres sur deux mètres et demi, et j'ai failli devenir fou. Je me suis dit: Au moins, dans une prison fédérale, ils auront accès à des services.»
Isolation
Mais le fait que les détenus soient isolés des autres prisonniers change complètement la donne, croit-il. «Ce n'est pas facile pour un gardien de prison de commettre des mauvais traitements devant 40 ou 50 détenus. Mais devant trois ou quatre individus isolés, tout est possible. On risque de se retrouver avec un Abou Ghraib canadien.»
Des manifestations sont prévues au cours des prochains jours à Ottawa, Toronto, Halifax et Vancouver pour dénoncer l'ouverture du Centre de surveillance. Une marche est aussi prévue à Montréal le 13 mai prochain.
Source: cyberpresse.ca - 26 Avr. 2006 (Lien)
Source de l'image: freethefive.org
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