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03 mai 2006

Mont-Orford: Projet de loi adopté malgré l'opposition

Le gouvernement va de l'avant

Peut-on moins bien choisir ses chevals de bataille du côté du gouvernement Charest? Le maire d'Orford n'en veut pas, la population est contre à plus de 76%, l'ancien ministre de l'Environnement, Thomas Muclair, est contre, bref tout le monde est unanime sauf les députés Libéraux (excluant T. Muclair) qui ont voté pour le projet de loi 23 autorisant la vente des installations de ski et de golf du parc du Mont-Orford.

Le gouvernement Libéral du Québec a procédé en contournant sa propre loi sur les parcs et airs protégés et privatise des terres publiques appartenant à tous les Québécois. Si tout se déroule comme le souhaite le gouvernement, le projet de loi sera adopté ce printemps, avant la fin des travaux parlementaires.



Le ministre Béchard en rajoute et décoche des flèches au groupe SOS Mont-Orford

Dans l'espoir d'apaiser la grogne populaire, le gouvernement Charest va désigner un groupe écologiste pour surveiller les faits et gestes du futur acquéreur de la station de ski et du golf du Mont Orford. «Je voulais l'offrir à SOS parc du Mont-Orford, mais (ces dirigeants) n'ont pas voulu nous rencontrer», a-t-il dit, ajoutant avoir «trois ou quatre» groupes dans sa mire pour éventuellement assumer la charge.

Même s'il se défend d'avoir inclus ce mécanisme de protection dans le but de gagner à sa cause les groupes écologistes, le ministre espère que le projet de loi «rétablira les faits» auprès de «toutes les personnes raisonnables.»

«J'ose croire que l'on n'entendra plus dire que nous vendons le parc du Mont-Orford, ce n'est pas ce que nous faisons», a-t-il dit. Question de d'affirmer sa position le ministre utilise jusqu'à l'intitulé de son projet de loi pour renforcer son option: « Loi permettant d’assurer l’agrandissement du parc national du Mont-Orford, la préservation de la biodiversité de territoires limitrophes et le maintien des activités récréotouristiques ».

Le projet de loi 23 accorde aussi une «servitude de conservation», qui sera octroyée à un organisme environnemental par le ministre Béchard. Le futur gestionnaire devra chercher l'approbation de ce «chien de garde» de l'environnement avant de réaliser quelque aménagement que ce soit, a indiqué M. Béchard.

Cependant, il ne faut pas exagérer le pouvoir dévolu à l'organisme de surveillance puisque le dernier mot, en matière de développement du centre de ski et du golf, appartiendra au gouvernement.

Dissidence de Thomas Muclair

En Chambre, le projet de loi a reçu l'appui de tous les députés libéraux, à l'exception notable du prédécesseur de M. Béchard, Thomas Mulcair, qui a exprimé son abstention lors du vote en première lecture.


«C'est son choix», a laissé tomber le ministre Béchard en haussant les épaules.

Des conditions de dernières minutes

«Ce sera le centre de ski et le club de golf les plus verts au Québec», a lancé le ministre du Développement durable, Claude Béchard lors d'une conférence de presse à Québec, peu après avoir déposé à l'Assemblée nationale le projet de loi 23 autorisant la vente des installations de ski et de golf du parc du Mont-Orford.

La surface du parc mise en vente a été légèrement réduite de 649 à 579 hectares avec l'exclusion du sommet du mont Alfred-Desrochers, de même que de la colline des Surreaux et l'étang K2.

En vertu de la pièce législative, l'acquéreur de la station devra en outre investir cinq millions $ en cinq ans pour des travaux de restauration du domaine skiable et déposer, pour autorisation du ministre, un plan quinquennal de gestion environnementale.

De plus, le projet de loi établit une bande de protection de 30 mètres de chaque côté des cours d'eau sillonnant la zone, soit les ruisseaux Giroux, Castle et Orford.

Le Mont-Orford bel et bien à vendre

Le prix demandé par le gouvernement sera précisé au moment de publier l'appel d'offres, a par ailleurs mentionné M. Béchard.

L'appel d'offres suivra à l'été et le nouvel acquéreur devrait prendre possession des lieux à l'automne. Il sera alors autorisé à construire de 700 à 800 condos au pied de la montagne, une initiative cauchemardesque aux yeux des groupes écologistes.

L'opposition ne dit pas son dernier mot

«Le gouvernement est demeuré résolument sourd à l'opinion publique. C'est un projet qui fait l'unanimité contre lui et le gouvernement va de l'avant avec un projet dont lui seul connaît les motivations», a pesté le député Stéphane Bergeron.

Encore une fois, le gouvernement Charest démontre qu'il est en porte à faux avec la population, a pour sa part dénoncé l'opposition péquiste.

De plus, l'organisme censé jouer le rôle de chien de garde ne disposera d'aucun pouvoir réel, a soutenu le député de Verchères. «C'est un chèque en blanc», a-t-il décrié.

Loin de calmer la grogne, le projet de loi va susciter une zizanie encore plus intense, a indiqué, de son côté, le député Janvier Grondin, de l'Action démocratique du Québec (ADQ). «Ça va faire comme les fusions forcées», a-t-il prédit, faisant valoir que le gouvernement aurait dû confier aux élus locaux le soin de décider du sort de la station de ski déficitaire.

Selon SOS Mont-Orford Jean Charest renie ses engagements électoraux

Le groupe a publié dernierement une communication électronique de l'actuel premier ministre, alors chef de l'opposition, envoyé lors de la campagne électoral 2003 l'ayant porté au pouvoir. Interrogé sur l'avenir de l'Air protégé, le député de Sherbrooke avait répondu par courriel "aux amis du parc Orford" pour les rassurer sur ses intentions vis-à-vis du Mont-Orford:

« Soyez donc assuré qu’à titre de député de Sherbrooke et en tant que Premier ministre d’un gouvernement libéral, ces conditions tiendront toujours. Puisqu’il s’agit d’un bien public, nous avons le devoir de nous assurer qu’il y ait un large débat et que la population puisse participer pleinement à ce débat et qu’elle ait accès à toute l’information. »

Le dépôt de ce projet de lois amène à mettre en doute la parole du premier ministre.

Textes pertinents:
- L'opposition s'organise
- Huit ex-directeurs de parcs nationaux du Québec
- Des scientifiques contre la vente du Mont-Orford

Source: Presse Canadienne, Assemblée Nationale et SOS Mont-Orford

Note: La pétition du groupe SOS Mont-Orford est toujours en ligne: ici.

23:30 Publié dans Environnement | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : actualité

Commentaires

Jean Charest est un ortho car il veut pas s'occuper de le l'opinion publique

Ecrit par : Jean Charest | 26 février 2007

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